‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 212 sur 227 · I.IVKE IV, CHAP. XXI · texte numérisé non relu

I.IVKE IV, CHAP. XXI

vous engager à lui rendre son fils. Permettez que je garde ici votre ami comme un gage de votre retour. Je me persuade que l'envie de le revoir animera votre courage et vous fera exécuter des choses impossibles, non seulement à tous les mortels, mais au grand Roland lui-même. Si je vouslaissois partir tous deux, et que, pour mon malheur, vous ne pussiez venir à bout de votre entreprise , je ne vous reverrois ni l'un ni l'autre. Laissez-moi donc , de grâce, Brandiniart; aussi bien je sens pour lui certains mouvements d affection dont j'ignore la cause. Partez , comte, avec l'assurance que je vous donne qu'il sera ici chéi'i et honoré , de même que tous les autres paladins français , que je promets de vous rendre à votre retour. Je vous dirai plus : si j'ai le malheur de ne pouvoir recouvrer le prince Ziliant, mon dessein est d'assurer mes états après ma mort au généreux Brandimart, en l'adoptant pour fils.

Les deux guerriers furent fort touchés du discours et des sentiments de ce bon roi ; mais ils employèrent des expressions différentes à lui en marquer leur reconnoissance. Le comte se contenta d'assurer ce monarque qu'il alloit faire tous ses efforts pour mériter ses bontés ; et Brandimart se jeta aux pieds du roi , et les lui embrassa avec un saisissement qui venoit moins de l'espérance d'être un jour héritier de ce prince que d'une tendre affection qu'il se sentoit pour lui , sans savoir pourquoi.

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