‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 1 sur 399 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DON ANDRÉ, MOGICON.

MOGICON fayant don André qui le suit pour le battre.

Ahi, aîii, ahi!

DON ANDRÉ

Je te rouerai de coups, maraud, si jamais tu t'avises....

MOGICON.

Doucement, seigneur don André, doucement.

DON ANDRÉ

Ou tu me prends pour un grand sot, ou tu me crois bien endurant,

MOGICON.

Pour endurant, non, vous me donnez tous les jours trop de marques du contraire.

DON ANDRÉ

Coquin, t'ai-je pris pour conseiller ou pour valet .f* MOGICON.

Vous ne m'avez pris, je l'avoue, que pour vous servir; mais croyez-moi , mon maître , mes conseils vous sont aussi utiles que mes services. Avec tout le respect que je vous dois, vos mœurs ne sont pas irrépréhensibles, et je crains

Ne vas-tu pas encore moraliser ? Oh! je suis las d'un raisonneur comme toi. Je te donne ton congé. MOGICON.

Est-ce un arrêt définitif?

DON ANDRÉ

Oui, je te chasse.

MOGICON.

Hé bien, comptons donc, s'il vous plaît.

DON ANDRÉ

Comment, compter? Sais-tu bien que tu m'as plus fatigué par ta morale que tu ne m'as satisfait d ailleurs? Tu m'en dois de reste , paie-moi toi-même l'ennui que tu m'as causé.

MOGICON.

Prenons un tempérament pour nous accommoder tous deux. Puisque vous ne voulez pas que je moralise, permettez-moi donc de vous faire quelques questions sur votre conduite, qui, sans contredit, est curieuse et nouvelle.

DON ANDRÉ

Ah ! j'y consens ; mais point de conseils , monsieur Mogicon.

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