SCÈNE V
DON FÉLIX, ELVIRE
ELVIRE
Je cioyois mon frère ici.
DON FÉLFX.
Madame, il est avec le roi. Pendant ce temps-là, permettez que je m'acquitte du triste emploi dont je suis chargé. Le prince ne s'est pas contenté de me faire la cruelle confidence de sa passion.; il m'a ordonné de vous demander pour lui un entretien cette nuit.
ELVIRE
Et vous avez accepté la commission?
DON FÉLIX
J'ai voulu m'en défendre et m' excuser sur la reconnoissance que je dois au connétable ; mais le roi m'a fermé la bouche en m'assurant de ses intentions. Il vous aime , dit-il, sans avoir la moindre vue qui puisse blesser votre vertu. En effet, quelle plus grande sûreté pouvoitil vous donner de la pureté de ses sentiments que le lieu où il souhaite de vous entretenir? Il ne vous parlera que du bas de votre balcon.
ELVIRE
Ah! don Félix, que vous aimez foiblement! Si vous étiez bien amoureux, vous vous seriez dispensé de prêter votre entremise. Que dis-je? vous auriez perdu la vie plutôt que de faire ce que vous faites. Quoi! l'empressement d'un amant couronné n'a pu vous rendre jaloux? C'est pourtant la première loi de l'amour de