‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 102 sur 399 · ACTE III, SCÈNE V. l3l · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. l3l

craindre les progrès d'un rival. L'amour sans jalousie n'est qu'une tranquille amitié. Si , persuadé de ma vertu, vous vous reposez sur mon courage et sur ma foi, je vous suis bien redevable de l'estime que vous me marquez; mais songez, Mendoce, que je suis femme, et que le roi peut devenir amant aimé.

DOX FÉLIX.

Cessez de me faire d'injustes reproches. Ah! madame, que ne pouvez-vous lire dans mon cœur? vous verriez que j'ai de mortelles alarmes. Que n'ai-je pas souffert quand le roi m'a découvert sa passion! Mais, belle Elvire, il falloit dissimuler; il falloit vous perdre ou payer si cher le plaisir de vous voir.

ELVIRE d'uji ail- tendre.

Ne me trompez-vous point. ^

DON FÉLIX

Que dites-vous ? ô ciel ! Vous oubliez que vos charmes sont tout-puissants , et qu'en vous voyant pour la première fois je vous consacrai tous les moments de ma vie. Hélas! adorable Elvire, quelle sera ma destinée ? Serez-vous favorable à mes vœux ? Puis-je me flatter que vous préférez don Félix

ELVIRE

Oui, Mendoce, l'amant qui règne en Aragon n'est pas celui qui règne dans mon cœur. C'est vous en dire trop; adieu, votre intérêt m'oblige à ménager votre rival ; faites-lui espérer la satisfaction qu'il me demande.

DON FÉLIX se jetant à ses genonx.

Quelles bontés, madame! permettez qu'à vos pieds...

ELVIRE

Levez-vous. Mon frère pourroit nous surprendre. Je

vous laisse. (Elle sort.)

iôl DON FELIX DE MENDOCE.

Page 1