‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 108 sur 399 · LE COMTE , ELVIRE · texte numérisé non relu

LE COMTE , ELVIRE

LE COMTE

Je ne puis vous le celer , ma sœur , je suis la proie d'une inquiétude qui m'agite sans relâche. Le soin de garder le Castillan m occupe trop. Il met en danger ma vie et mon honneur.

Votre vie et votre honneur ?

LE COMTE

Sans doute. Un homme tel que Mendoce chez moi doit troubler mon repos. Il est bien fait et galant , vous êtes belle j en faut-il davantage pour donner occasion au monde de tenir des discours médisants ?

ELVIRE

Je méprise des discours que je ne justifie point ; et quant à don Félix , il est trop pénétré de vos bontés pour songer à vous déplaire.

LE COMTE

J'observe pourtant soigneusement ses démarches j et , lorsque je l'ai surpris à la porte de votre chambre , je l'ai soupçonné d'avoir des desseins sur vous.

ELVIRE

S'il en avoit, il prendroit mieux son temps pour les exécuter. Il n ignore pas que les dames ne se laissent guère voir librement à leur toilette. Une coiffure mal arrangée, un déshabille sans art soutient mal les intérêts de la beauté ; et ce n'est pas dans cet état qu'elles s offrent à des yeux quelles veulent charmer.

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