LÉONOR, ISABELLE, INÈS
LÉONOR
Entrez, ma chère Isabelle lues, que cet iiuportun
nie fatigue! As-tu terme la porte de la rue?
INÈS
Oh ! je n y ai pas manqué.
LÉONOR
Ferme aussi ces fenêtres Faut-il que j aie encore
ce chagrin !
ISABELLE
Qu'avez-vous, Léonor? Ne saurai -je point ce qui vous agite ainsi?
LÉONOR
Ce n'est rien.
ISABELLE
Vous dissimulez. Nentre-t-il pas en tout ceci un peu d'amour ?
LÉONOR
Au contraire , c'est aversion toute pure. Ma mauvaise étoile m'a pourvue d'un amant de garde qui
a4 I-Ii TKAITRE PUNI.
assiège sans cesse mes fenêtres , et qui me suit partout. J'ai beau le maltraiter de cent manières différentes , il ne se rebute point. Il persiste à m'aimer autant que je le hais,
ISA.BELLK.
J'avoue que cela impatiente à la fin.
LÉONOR
Vous me paroissez triste.
ISABELLE
Je vous trouve rêveuse.
LÉOJVOR.
Dites-m'en la cause , Isabelle.
ISABELLE
Ayez de la confiance en moi , Léonor.
LÉONOR
Mon cœur n'est pas content.
ISABELLE
Le mien ressent mille alarmes.
LÉONOR
Mon père exerce sur moi toute la rigueur de son autorité. Il me marie contre mon inclination.
ISABELLE
Mon père s'oppose à mes désirs. Il me défend d écouter un cavalier pour qui je me sens du penchant.
LÉONOR
\ous n'ignorez pas que j'ai du goût pour don Garcie, votre frère.
ISABELLE
Et vous saurez que je soupire pour don André.
LÉONOR
Don André d Alvarade ?