‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 13 sur 399 · LÉONOR, ISABELLE, INÈS · texte numérisé non relu

LÉONOR, ISABELLE, INÈS

LÉONOR

Entrez, ma chère Isabelle lues, que cet iiuportun

nie fatigue! As-tu terme la porte de la rue?

INÈS

Oh ! je n y ai pas manqué.

LÉONOR

Ferme aussi ces fenêtres Faut-il que j aie encore

ce chagrin !

ISABELLE

Qu'avez-vous, Léonor? Ne saurai -je point ce qui vous agite ainsi?

LÉONOR

Ce n'est rien.

ISABELLE

Vous dissimulez. Nentre-t-il pas en tout ceci un peu d'amour ?

LÉONOR

Au contraire , c'est aversion toute pure. Ma mauvaise étoile m'a pourvue d'un amant de garde qui

a4 I-Ii TKAITRE PUNI.

assiège sans cesse mes fenêtres , et qui me suit partout. J'ai beau le maltraiter de cent manières différentes , il ne se rebute point. Il persiste à m'aimer autant que je le hais,

ISA.BELLK.

J'avoue que cela impatiente à la fin.

LÉONOR

Vous me paroissez triste.

ISABELLE

Je vous trouve rêveuse.

LÉOJVOR.

Dites-m'en la cause , Isabelle.

ISABELLE

Ayez de la confiance en moi , Léonor.

LÉONOR

Mon cœur n'est pas content.

ISABELLE

Le mien ressent mille alarmes.

LÉONOR

Mon père exerce sur moi toute la rigueur de son autorité. Il me marie contre mon inclination.

ISABELLE

Mon père s'oppose à mes désirs. Il me défend d écouter un cavalier pour qui je me sens du penchant.

LÉONOR

\ous n'ignorez pas que j'ai du goût pour don Garcie, votre frère.

ISABELLE

Et vous saurez que je soupire pour don André.

LÉONOR

Don André d Alvarade ?

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