ACTE II, SCÈAE I. îS
ISABELLE
Lui-même.
LÉONOR
Je crains, ma chère, que vous ne vous soyez abusée.
ISABELLE
Pourquoi donc ?
LÉONOR
C'est que ce cavalier est amoureux
ISABELLE
De qui?
LÉOlVOR.
De moi.
JSABELLE.
Léonor , croyez-moi , ne faites pas trophée de cette conquête : Alvarade ne brûle que pour moi.
LÉONOR
C est pourtant lui qui est cet amant de garde dont je me plains. C'est pour lui que je fais fermer ma porte et mes fenêtres avec tant de soin.
ISABELLE
Ah ! je vais vous dire ce qui a causé votre erreur : comme nos maisons se joignent , vous vous imaginez qu'il regarde vos fenêtres, lorsqu'il n'a d'attention que pour les miennes.
LÉONOR
Oh ! persuadez-vous , si vous voulez , qu'il n'en veut qu'à vous.
ISABELLE
Flattez-vous , j'y consens , que vous seule l'occupez.
LÉONOR
Vous êtes donc bien sure de votre fait ?
ad LE TRAITRE PLNI.
ISABELLE
Je ne crois pas en devoir douter : puisque j aime don André, j en suis aimée.
LÉOJN'OR.
La certitude est merveilleuse. Reconnois ton erreur , nîa pauvre Isabelle , c'est moi qu'il aime pour mes péchés.
ISABELLE
C'est moi, te dis-je ; pour t'en convaincre, apprends que don Garcie, alarmé de la passion d'Alvarade, veut lui défendre notre rue.
LÉOjN'OR.
Ne vois-tu pas que ton frère est jaloux de don André ?
ISABELLE
Mais si mon frère te plaît , que te doit importer qu'Alvarade ait des desseins sur moi ?
LÉo?roR.
Il ne m importe en aucune façon. Je te l'abandonne volontiers.
ISABELLE
Tu n V prends donc plus d'intérêt ?
LEOKOR.
Au contraire , je suis fatiguée de ses empressements.
ISABELLE
Pourquoi t'es-tu donc fâchée?
LÉONOR
Pourquoi m as-tu dit qu il ne faisoit attention qu'à tes fenêtres ?
ISABELLE
Hé bien , pour t' apaiser , je te dirai seulement que i aime don André.