DON FÉLIX , RAMIRE , EL VIRE , BÉATRIX
(Béatrix s'approche de don Félix, et Ramire va se mettre aupns d'Elvire. )
BÉA.TRIX à don FéUx.
Que dites-vous, seigneur don Félix ? pourquoi toutes ces imprécations ?
RAMIRE à Elvire.
Madame , ayez pitié de mon maître. Empêchez - le de partir, ou cest im homme mort.
ELVIRE
Je le ferois , Ramire , si j en avois le pouvoir j mais le moyen d'y réussir , si Blanche le rappelle en Castille.
RAMIRE
Eh! de par tous les diables, ce n'est point en Castille que nous allons , c'est à Naples , madame, où il n'y a point de Blanche.
DON FÉLIX à Ramire.
Laisse , Ramire , laisse ; tout ce que tu pourras dire
l6o DON FÉLIX DE MEXDOCE.
sera inutile ; madame a pris son parti. Elle me voudroit déjà loin d'elle.
BÉA.TPJX à don Félix.
Pourquoi vous aviser aussi de garder de vilains por traits ?
ELVIRE à Eéatrix.
Que fais-tu , Béatrix ? Tu as tort de lui faire ce reproche. Puisqu'il est éloigné de Blanche, n'est-il pas juste qu'il en conserve chèrement 1 image ?
RAMIRE bas à sonmaitie.
Allons , seigneur don Félix , repoussez la balle.
DON FÉLIX à Elvire.
Quoi ! madame , ce portrait seroit la cause du changement que vous m'avez fait paroître ?
BÉATRIX à sa maîtresse.
Allons , madame , répondez juste.
ELVIRE
Oui, Mendoce , ce portrait a pu me rendre jalouse. Doiv Félix;
Qu'entends -je? Je serois assez heureux Mais,
non; vous ajoutez , cruelle Elvire, la raillerie aux dédains.
BÉATRIX bas.
Les parties , si je ne me trompe , seront bientôt d'accord.
Non , don Félix , c'est la vérité pure. Pour avoir changé de langage avec vous, je n'ai pas changé de sentiment.
RAMIRE
Bon ! voilà notre départ reculé.