LE CAPITAINE, CRISPIN , DON ALONSE
DON ALONSE
Vous me prévenez , seigneur don Lope. J'allois chez vous pour vous faire une prière.
LE CAPITAINE
Une prière! Ah! commandez, don Alonse. Près d'être votre beau-frère , que puis-je vous refuser ? Ce que je ne ferai pas pour vous, je ne le ferois pas même pour un certain don Carlos, qui m'a sauvé la vie en Flandre, dans la dernière bataille qui s'y est donnée.
DON ALONSE
Quoi ! vous étiez à cette bataille ! Je vous croyois alors en Italie.
LE CAPITAINE
Si j'y étois ! Je me trouvai dans les premiers corps qui chargèrent l'ennemi. Nos troupes y firent toutes les merveilles qu'on devoit attendre de la valeur espagnole.
CRISPIN à paît.
Il va se lâcher.
LE CAPITAINE
L'armée des ennemis étoit campée sur deux lignes , et couverte d'un petit ruisseau.
l84 I-E POINT d'iIOXNKUR.
CRISPIN à pnrt.
Nous y voilà. Préparons-nous à faire notre office.
LE CAPITAINE
Nous le passâmes fièrement malgré le feu continuel que...
CRISPIN le tirant par la manche.
Drelin , drelin.
LE CAPITAINE
Enfin c est dans cette occasion que mon ami don Carlos me sauva la vie en prévenant un Hollandais qui avoit le bras levé sur moi. Revenons à votre affaire. De quoi s'agit-il ?
DON ALONSE
Estelle votre nièce me désespère. La cruelle m'ôte tous les moyens de lui parler; mais il en est un qui dépend de vous.
LE CAPITAINE
Quel est-il P
DON ALONSE
Gomme elle est à présent logée dans votre maison , souffrez que je m'introduise ce soir, dans son appartement.
LE CAPITAINE indigné.
O ciel ! don Alonse , pouvez-vous me faire une pareille proposition ?
CRISPIN à part.
Il ne s'adresse pas mal.
LE CAPITAINE
Vous voulez que je favorise un tel dessein! Vous exigez démon amitié une si lâche complaisance !
CRISPIN à don Alonse.
Pour qui nous prenez-vous ?