ACTE I, SCÈXE V. l
BO'S ALOIVSE au capitaine.
Ah! je ne médite rien qui doive vous révolter. Je ne veux seulement que lui peindre l'affreux état où sa cruauté me réduit.
CRISPIX branlant la tête.
Votre valet.
DON ALONSE
Et vous serez avec moi.
LE CAPITAI^^E se radoucissant.
C'est une autre chose.
CRISPIN
Bon pour cela.
LE CAPITAINE
A cette condition, cher ami, je ne puis refuser de vous servir. Venez donc ce soir au logis.
DO^' ALONSE
Ce n'est pas tout ; j'ai aussi à vous parler d'une affaire qui touche votre honneur et le mien.
LE CAPITAINE prenant feu.
Expliquez-vous, ne me déguisez rien. Qu'est-ce?
DON ALONSE
J ai appris que depuis quelques jours il rôdoit autour de ce jardin un cavalier qui en veut à Léonor.
Ahi, ahi, ahi !
DON ALONSE
Et sur le rapport qu'on m'en a fait, j'ai heu de croire qu'il cherche à la séduire.
LE CAPITAINE
Grands dieux! Que m'apprenez-vous?
l86' LE POINT d'honneur.
CRISPIW.
Ventrebleu! ce n'est point là une de ces minuties qu'it laut regarder avec un microscope.
LE CAPITAINE
Vengeance, don Alonse, vengeance! Vous êtes frère, et je suis amant; vous saver à quoi ces deux qualités nous engagent. Ne laissons pas davantage vieillir le mal, il deviendroit peut-être incurable.
caispiN.
Je ne sais pas même si 1 on ne s'avise pas trop tard d'y remédier.
DON ALONSE
Voici l'heure où le cavalier a coutume de venir au Prado. Nous pouvons lui demander raison.... LE CAPITAINE.
Lui demander raison.^ oui, c'est le droit. Comment se nomme-t-il?
DON ALONSE
Je ne sais.
LE CAPITAINE
OÙ demeure-t-il ?
DON ALONSE
Je l'ignore.
LE CAPITAINE
Cela étant, don Alonse, nous ne pouvons nous ven- «er tout à l'heure.
DON ALONSE
Pourquoi.** Ne suffit-il pas qu'il ait à mon insu deî> desseins sur ma sœur .•'
LE CAPITAINE
Non, cela ne suffit pas.