‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 167 sur 399 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CRISPIN, BÉATRIX, CLARIN.

CLARIN à part.

Mon maître n'est plus ici. Que peut-il être devenu ?

BÉATRIX à part.

C'est le valet de don Carlos, apparemment.

CRISPIN à part.

C'est un de mes drôles de tantôt.

CLARIN à part.

C'est notre espion. Il est là, ma foi, avec une fille fort

jolie. ( Il salue Crispin et Béatrix. )

CRISPIN à part.

Il me salue humblement. Est-ce qu'il me craindroit ?

CLARIN à part.

Approchons-nous d'eux.

CRISPIN

Il na peut-être fait le brave que parce qu'il étoit

2o6 I.E POINT d'honneur,

soutenu de son maître. Approfondissons un peu cela. CLARIN haut, abordant Crispin.

Monsieur!....

CRISPIiy fièrement.

Monsieur (A part. ) Je le crois poltron ; il faut que

je l'insulte.

CLARIN.

J'envie votre bonheur; car, selon toutes les apparences, cette charmante personne est de vos amies.

CRISPIN d'un ton brusque.

Qu'en voulez-vous dire ?

CLARIN.

Rien. Je vous en fais mon compliment. Elle s'est rendue sans doute au mérite brillant qu'on voit briller en vous.

CRISPIN

Ce ne sont pas vos affaires.

CLARIN.

J'en demeure d'accord. Mais....

CRISPIN

Mais, mais, vous n'êtes qu'un sot.

CLARIN.

Vous recevez bien mal les politesses qu'on vous fait.

CRISPIN

Je veux les recevoir mal , moi. Ton maître n'est pas ici pour te défendre , fanfaron , il faut que je te repasse en taille-douce.

BÉATRIX le retenant.

Que veux-tu faire , Crispin ?

CRISPIN

Je veux lui couper le visage.

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