ACTE II, SCENE XV
LE CAPITAINE
Qui ? toi , Crispin ?
CRTSPIN.
Oui, moi, votre élève dans la science des procédés. ■n'- LE CAPITAINE.
Voilà une action bien hardie !
Je l'ai trouvée si téméraire , si insolente , que je n'ai presque pas senti le coup.
LE CAPITAINE
Cet affront me regarde.
CRISPIN
Assurément, on ne sauroit faire du mal aux pieds que la tête ne s'en ressente.
LE CAPITAINE
Donner un soufflet à mon domestique , c'est m'offenser directement.
CRISPIN
Directement, oui, directement. Ho! ho! monsieur l'olibrius , vous n'avez qu'à vous bien tenir : mon affaire est en bonne main.
LE CAPITAINE
J'en dois tirer raison.
CRISPIN
Sans doute. C'est à cause de cela que je n'ai pas voulu me venger moi-même.
LE CAPITAINE
J'approuve ta retenue.
CRISPIN à part.
Je suis hors d'intrigue.
LE CAPITAINE. . t-
Qui est l'offenseur ? Est-il noble?
222 LE POINT D HONKEDR.
CRISPIN
Hé ! non, non. Allez, ne craignez rien. Ce n'est qu'un valet.
LE CAPITAINE
Oh! si l'offenseur n'est pas noble, l'honneur ne me
permet pas de mettre Tépée à la main contre lui. Mais
ce qui m'est défendu , à moi , t'est permis , à toi , comme
tu le peux voir dans mon chapitre des Soufflets jvtiiriers.
CRISPIN
Ho bien ! puisque vous ne pouvez me venger, il n'y a qu'à laisser cela là. Je m'en vengerai par le mépris. Aussi bien c'est la vengeance des belles âmes.
LE CAPITAIA'E le regardant de travers.
Que dis-tu?
CHiSPm.
Un soufflet, au bout du compte, n'est pas la mort d'un homme. •
LE CAPITAINE
Gomment, faquin! est-ce là le langage d'un homme nourri chez raoi .''
CRispm.
G est le langage d un homme sensé.
LE CAPITAINE
Ecoute. Je n ai qu'uri mot à te dire. Songe à te montrer digne valet de don Lope; ou bien prépare-toi à mourir sous le bâton.
L'alternative est consolante.
LE CAPITAINE
Opte tout à Iheure. Détermine-toi.
, CRISPIN
(Ten est fait , je prends mon parti. Vos paroles m'ins-