‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 181 sur 399 · ACTE II, SCÈNE XV. d'i'i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XV. d'i'i

pirent une fureur martiale. Je vais, comme un lion, chercher mon ennemi.

LE CAPITAINE

Ah! j'aime à t' entendre parler de la sorte.

CRISPIN

Je cours , je vole... Mais , attendez : une réflexion m'arrête tout court.

I,E CAPITAINE

Hé ! quelle i'

CRISPIN

Je songe que j'ai reçu le soufflet en rendant service à don Alonse. Cest le valet de l'amant de sa sœur qui me l'a donné.

LE CAPITAINE

Tu ne m'avois pas dit cette circonstance.

CRISPIN

Non, vraiment, je n'y ai pas pensé.

Don Alonse a part à l'offense.

CRISPIN

ISTest-il pas vrai ? Il doit joindre cela aux autres sujets qu'il a de se plaindre du cavalier, et venger le tout ensemble. Ainsi la chose ne me regarde plus.

LE CAPITAINE

Elle te regarde toujours , mon ami. Don Alonse étant gentilhomme ne peut pas tirer raison de cette offense. Tu dois te venger, tant par rapport à toi que par rapport à lui, et même aussipar rapport à moi.

CRrSPIN.

Il y a bien des rapports dans cette affaire-là.

LE CAPITAINE

Va, mon enfant, va rétablir ton honneur.

a24 I^E POINT d'honneur.

CRISPIN

C'est-à-dire, Crispin, va te faire tuer.

LE CAPITAINE

Ne remets point le pied dans ma maison , que tu n'aies réparé l'outrage que tu as reçu. Il ne me convient pas d'avoir un domestique déshonoré.

( Le capitaine rentre chez don Alonse. )

Page 1