ACTE III, SCÈNE IX. 2/^l
LE CAPITAINE
Et si par malheur il vous tue , je suis ici pour le tuer après. Par ce moyen votre mort sera vengée et votre honneur satisfait.
CKispm.
Voilà un tempérament de noire façon.
LEOJVOR au capitaine.
Quoi ! vous flattez leur rage , au lieu de vous y opposer !
ESTELLE
Comment! vous voulez que dans mon appartement même
LE CAPITAINE
Oui, ma nièce, il faut que cela soit. En pareille rencontre , c'est ainsi qu'on en doit user.
CRISPJN.
C'est l'ordre , madame j c'est la règle.
ESTELLE
Que dira-t-on de moi dans le monde ?
LE CAPITAINE
Soyez tranquille sur cela. Mon témoignage suffit pour faire taire la médisance. Allons , seigneurs cavaliers, battez-vous à votre aise.
Oui, tuez -vous, égorgez - vous à votre aise. Moii maître est dans son élément.
( Les deux cavaliers ineltent l'épée à la main.) LÉONOR.
A l'aide!
ESTELLE
Au secours !
Le Sage. Théatrk. ^(i
242 LE POINT d'honneur.
LE CAPITAINE
Attendez , don Alonse ; je fais réflexion que vous ne connoissez pas ce cavalier.
DON ALONSE
Que m importe ?
LE CAPITAINE
Il faut connoître l'offenseur. (A don Lois.) Seigneur inconnu , découvrez-vous , et apprenez qui vous êtes.
DON LUIS
Malgré les intérêts qui m'obligent à me cacher , i' vais donc me faire coimoître. (H se découvre.)
ESTELLE
Ah! c'est don Luis!
Que vois-je ? don Carlos !
ESTELLE
Qui t'amène ici, traître? Viens-tu séduire mon amie, et couronner par là ta trahison ?
DON ALONSE à Estelle.
Madame, laissons là les discours. Je vais vous vengoi d'un infidèle en punissant un suborneur.
LE CAPITAINE
Doucement , don Alonse. Ce don Luis m'est connu sous le nom de don Carlos. C'est mon meilleur ami. (Test lui qui m'a sauvé la vie en Flandre. Je dois défendre la sienne.
CRISPIN
(3ui , nous périrons à ses côtés.
DON ALONSE
Mais , don I^ope , il est votre rival , et de plus vou> avez promis de venger votre nièce de linlidélité do don Luis.