ACTE III, SCÈNE IX
LE CAPITAINE rêvant.
Il est vrai.
DON ALONSE
Faut-il donc compter pour rieu votre parole.**
LE CAPITAINE
Non.
Oh! ma foi, pour le coup notre recueil est en défaut.
LE CAPITAINE à don Luis.
Don Carlos , ou plutôt don Luis , puisque c'est votre véritable nom, je sens toute l'obligation que je vous ai; mais l'honneur veut que mon bras s'arme contre vos jours. Je suis au désespoir d'en venir là avec vous. Pourquoi faut-il que vous soyez si coupable?
( Il tire son épée. ) DON LU! S.
En quoi, don Lope, suis-je donc si coupable ?
LE CAPITAINE
En quoi? Malgré la foi jurée, vous abandonnez ma nièce, vous vous mariez à Bruxelles, et vous revenez à Madrid séduire Léonor , ma maîtresse.
DON LUIS
Je ne suis point marié. C'est une fable que mon valet a inventée dans l'embarras où il s'est trouvé en rencontrant Estelle.
LE CAPITAINE
Oh! puisque vous n'êtes pas marié , c'est une autre aitaiie. Il est aisé de nous accorder.
DON ALONSK.
Hé ! conunent cela?
244 L^ POINT d'honneur.
LE CAPITAINE
Don Luis n'a qu'à rendre son cœur à ma nièce, et l'épouser dès demain.
DON ALONSE
L'épouser ! il faut donc que je me venge des soins que don Luis a rendus à ma sœur sans mon aveu, et quen même temps je lui dispute le cœur d'Estelle. LE Capitaine.
Soit; mais, si vous ôtez la vie à don Luis, je serai obligé d'attaquer la vôtre.
CRISPIN
Il y a aussi bien des rapports dans cette affaire-ci.
ESTELLE
C'est à moi de finir tous ces débats... (Au capitaine. ; Seigneur don Lope, je vous rends votre parole. Je ne souhaite plus dêtre vengée. Je ne vois plus en don Luis un amant chéri. Son inconstance a rendu mon cœur libre, et je donne ma main au seigneur don Alonse.
DON ALONSE
Ah! madame, en récompensant ma constance, vou.me faites oublier tous les maux que j'ai soufferts depuis quatre ans.
LE CAPITAINE à don Alonse.
Depuis quatre ans! Vous avez donc soupiré poni Estelle avant don Luis ?
DON ALONSE
Oui , seigneur.
LE CAPITAINE
Eh! que ne le disiez-vous d'abord.^ Vous levez par là tous les obstacles. C'est la date qui doit décider entn deux rivaux d un mérite égal.