DON CESAR, GAMACHE, USARDE , CELIE
voilées.
LISARDE.
Vous voyez , Léandre , par le soin que je prends de vous venir trouver dans votre solitude , que je vous dé-
204 DOX CÉSAK rRSIN.
dommage assez de la peine que je vous cause en vous cachant mon visage et mon nom.
Vous êtes dans l'erreur , madame , rien ne peut me dédommager de cette peine. Je me suis formé de vos traits une si belle idée, que si je n'ai pas aujourd'hui le plaisir de les contempler , ce jour sera le dernier de ma vie.
LISARDE.
Façon de parler.
Non, charmante inconnue, j'attends de vous cette complaisance. Ne me laissez pas languir plus long-temps dans cette attente.
( Lisarde et don César continuent de s'entretenir tout bas , et pendant ce temps-là Gamache s'approche de Célie.)
GAMACHE à Célie.
Ma princesse , n'allez-vous pas aussi vous faire tirer
l'oreille pour vous découvrir ?
CÉLIE d'un air dédaigneux.
Sans doute, et je te conseille de ne pas t' obstiner à vouloir obtenir de moi cette faveur. Tu y perdrois ton lutin.
GAMACHE voulant lever son voile.
Oh! que non. Allons, ma reine, sans façon.
CÉLIE le repoussant.
Arrête, faquin.
GAMACHE
Ouais ! Vous me paroissez , ma mie , bien méprisante.
CÉLIE
C'est que tu me parois bien méprisable.