LE GOUVERNEUR, LISARDE, CÉLIE
DON JUAN
DON JUAN saluant le gouverneur et lui baisant la main.
Seigneur, permettez que l'heureux don Juan vous rende ses devoirs , et vous témoigne limpatience qu'il avoit d'être auprès de vous.
LE GOUVERNEUR l'embrassant.
H y a long-temps que vous vous faites souhaiLcr ici. Je conimençois à me plaindre de votre retardement , quoique je fusse persuadé qu'il falloit que vous ne pussiez pas faire plus de diligence, puisque vous n'arriviez ])oint.
280 DOxN CÉSAR URSIN.
DOjV JUAN.
Vous me rendiez justice ; et la charmante Lisarde devoit vous en répondre. Plein de la flatteuse espérance d'être son époux, pouvois-je ne pas compter tous les moments qui retrirdoient mon arrivée ?
LISARDE.
Je n'attendois pas moins de votre politesse qu'un dis cours si galant ; mais je ne suis point assez crédule pour y ajouter foi. Je me connois bien, don Juan, et je serai fort contente de moi, si vous ne vous repentez pas en me voyant d'être venu à Gaëte.
DON JUAN
Que dites-vous , madame ? O ciel ! fut-il jamais une beauté plus parfaite que.... !
LE gouv£r:neur.
Oh ! vous allez vous engager tous deux dans les compliments ! Vous aurez tout le loisir de vous en faire
l'un à l'autre Venez avec moi , mon gendre. Je veux,
avant toutes choses , vous entretenir dans mon cabinet.
( Le gouverneur l'emmène.)