ACTE III, SCÈNE VIII
d'arrêter dans le jardin, et la dame croit que, touchée de ses malheurs, vous lui faites donner un asile chez vous. Ils viennent de se parler tous deux sans se détromper. Cela est heui^eux pour vous. Mais
n'abusez point de ce bonheur Puisque don Juan
est arrivé , ne songez qu'à répondre à ses vœux. Ne le mérite-t-il pas bien ? N'est-ce pas un cavalier fort bien fait?
LISARDE.
Je ne dis pas le contraire.
Un jeune guerrier de bonne mine ?
D'accord.
I CÉLIE
Hé bien , attachez-vous donc à lui. Oubliez pour jamais l'inconnu.
LISARDE.
C'est mon dessein, vraiment. Mais
CÉLIE
Mais quoi.''
LISARDE.
Veux-tu que j'abandonne un homme qui n'a perdu sa liberté qu'en voulant conserver la mienne?
CÉLIE
Non, il y auroit de l'injustice là-dedans. Mettez tout en usage pour le tirer de prison ; mais ne poussez pas plus loin la reconnoissance. Aussi bien pourriez- vous , madame , vous en repentir. Car je soupçonne violemment ce cavalier d'être celui qui fuit notre étrangère.
2<S2 DON CÉSAÎl URSIN.
LISARDE.
C'est ce cjue je soupçonne comme tri ; mais je n'en suLs pas sûre; et, pour savoir à quoi m'en tenir, je vais lui mander, par un billet que tu lui porteras toi-même au château, que, s'il peut cette nuit tromper ou gagner ses gardes , il vienne me trouver ici.
Quel projet! madame; faites-y bien réflexion.
LISARDE.
Il n'y a rien dans ce projet qui doive t' alarmer. Je recevrai dans mon appartement l'inconnu , comme une dame qu'il croit prisonnière, et nous aurons ensemble un entretien , après lequel je prendrai mon parti de bonne grâce.
CÉLIE
Vous me faites trembler.
LISARDE.
Que tu es sotte! voilà la première soubrette qui soit fâchée de voir sa maîtresse amoureuse.
CÉLIE
Mais considérez.
Quoi?
Le dangei'.
LISARDE,
CELIE
LISARDli.
jc le vois.
CELIE
Vous aile/ vous peidre
LlSAHDi:.
Je I) aime pas (jii ojî s Oppose à mes voUjuIcs.