DON JUAN, DON ANDRÉ
DON JUAN
Je viens de recevoir la foi de Léonor et de lui donner la mienne ; peut-être ai-je mal fait ; mais la chose est trop avancée pour m'en dédire. Je vais à l'autel achever mon hymen , et je partirai le moment d'après pour aller remplir les devoirs du sang. Je laisse donc ici mon épouse ; et ce qui perce mon cœur de la plus vive douleur, je la laisse prévenue pour un autre. Don Garcie ne manquera pas de chercher à profiter de mon absence, Alvarade , je crains un rival aimé. Vous êtes le meilleur de mes amis , je mets entre vos mains mon honneur et le repos de ma vie.
DON ANDRÉ
Parbleu , notre ami , vous me donnez une bonne conmiission. J'aimerois mieux défendre seul un poste contre une armée entière , que de garder une femme : cela me paroît moins difficile. Quand les femmes ont naturellement la volonté portée au mal, vous savez