DON CÉSAR , GAMACHE , DON JUAN
DO^ JUAN
Puisque les biens et les maux doivent être communs entre deux amis, je viens, mon cber don César, m'affligeravec vous de la perte de votre liberté, et vous faire part en même temps de la joie dont je suis transporté.
■ Laissons là mes cbagrins , don Juan ; ne nous entretenons que de vos plaisirs. Vous avez un air de satisfaction qui diminué mes peines... Vous êtes , à ce que je vois , fort content.
DON JUAN
J'ai bien sujet de l'être, cber ami. Je viens de voir Lisarde , et je ne puis vous exprimer jusqu'à quel point elle mu paru charmante. Représentez-vous toutes les qualités aimables rassemblées dans une personne, el l'image que vous vous en ferez sera celle de Lisarde. Enfin l'amour ne pouvoit me réserver une épouse plus parfaite, et je suis le plus heureux de tous les hommes.
Pour vous parler sur le même ton , je vous dirai
Le Sage. Théâtre. ,y
que je suis charmé aussi d'une autre dame , qui me mande , par un billet que je viens de recevoir de sa part , qu'elle souhaiteroit de me voir et de m'entretenir cette nuit, si je pouvois trouver moyen de sortir de prison. Ce qu'il y a de plaisant , c'est que je lui ai fait dire que je ne manquerai pas de me rendre auprès d'elle, comme si j'étoi^ assuré de le pouvoir faire.
DOlîf JUAN.
Je puis vous servir en cela... (A Gamache. ) Mon enfant , va dire à l'alcade de ce château que je le prie de venir ici... (A don César.) H est de mes amis, et je ne crois pas qu'il refuse à ma prière de vous laisser sortir cette nuit.
Vous me ferez un très-grand plaisir, si vous obtenez cela de lui.
DON JUAN
J'ose m'en flatter , quoique ce soit peut-être le sujet du monde le moins capable de se relâcher de son devoir. : 1