SCÈNE IV
FLÉRIDE, LISARDE, CÉLIE.
LISARDE.
OÙ , madame ?
FLÉRIDE.
Au château de cette ville. Prenez part à ma joie , généreuse Lisarde. Le cavalier que je cherche est à Gaëte en prison dans le château. Vous voulez bien qu'après vous avoir rendu mille grâces de Tasile que m'ont accordé vos bontés , j'aille rejoindre cet amant chéri ? Je brûle d impatience de le revoir.
LISARDE.
Résistez, madame, aux mouvements impétueux qui vous agitent. Une fille ne sort pas ainsi sans façon pour aller voir un homme.
FLÉRIDE.
C'est mon époux.
LISARDE.
Il ne Test pas encore.
FLÉRIDE.
Puisque je suis venue de Naples ici toute seule , je puis bien , ce me semble, aller d'ici à la prison.
CÉLIE
Oh ! que non. Vous n'êtes plus dans la situation où vous étiez lorsque vous êtes arrivée à Gaëte.
FLÉRIDE.
Je ne vois pas que je sois dans un autre état.
?t04 DON CÉSAR URSIN.
LISARDE.
Célie a raison. Vous êtes présentement sous ma garde. Je suis responsable de vos démarches et chargée du soin de votre honneur. En un mot je dois veiller sur vous. Si je vous laissois sortir, et que pendant ce tempslà mon père revînt , que diroit-il de ma complaisance ?
FLERIDE.
Je serai rentrée avant son retour. Je ne veux seule- | ment que jouir un instant de la vue de mon cher prisonnier.
CÉLIE
Oui; mais c est ce que nous ne voulons pas , nous.
FLÉRIDE.
Je suis fort étonnée de votre opposition.
CÉLIE
Et nous le sommes encore davantage de votre entêtement.