‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 248 sur 399 · ACTE V, SCÈNE V. 3o · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V. 3o

FLÉRIDE.

Sans doute. Si vous savez qui je suis, devez -vous ni'empêcher d'aller voir César Ursin dans sa prison ?

LE GOUVERNEUR

Oui , vraiment ; et c'est afin que vous he lui parliez pas , que je vous retiens chez moi prisonnière.

FLÉRIDE.

Qui ? moi ! je suis prisonnière ?

LE gouver:veur.

Quoi! vous oubliez déjà l'aventure du jardin?

FLÉRIDE.

Non, seigneur, j'y suis trop sensible pour que j'en puisse perdre la mémoire.

le gouverneur.

Hier, ne fûtes-vous pas arrêtée, et conduite ici ?

FLÉRIDE.

Arrêtée! Permettez - moi , seigneur, de vous dire que non.

LISARDE bas à Célie.

Tout va se découvrir;

CÉLIE bas à Lisarde.

Il faut payer d'audace.

LE GOUVERNEUR à Piéride.

Est-il possible, ma chère Fléride, que vous ne vous souveniez plus de ce qui se passa hier entre nous? Cela est inconcevable.

FLÉRIDE.

Madame , et vous , Célie , dites la vérité. Vous ne l'ignorez pas. Sur quel pied suis-je dans cette maison ;*

LISARDE.

Sur le pied d'une fille de qualité que nous cliéris-

I^e S.ige. Thkvtf, n. uo

3o6 DON GÉSAU UnSIN.

sons, que nous gardons soigneusement, et dont mon père veut rétablir l'honneur que l'amour a un peu terni.

CÉLIE à Fléride.

Oui , madame , voilà de quelle façon vous êtes ici prisonnière. Vous ne 1 êtes pas autrement... (Bas au gouverneur.) Comme elle a l'esprit un peu troublé , il vaut mieux la flatter que la contredire.

LE GOUVERNEUR bas à Célie.

Tu as raison : il faut la ménager, de peur qu'elle ne devienne folle j car la tête , ce me semble , commence à lui tourner.

CE LIE bas au gouverneur.

A vue d'œil.

LE GOUVERNEUR bas à Célie.

La pauvre enfant ! Que je suis touché de son malheur !

FLÉRiDE à Célie.

M. le gouverneur dit que j ai été arrêtée et conduite ici. Vous savez bien le contraire.

CELIE bas au gouverneur.

Vous l'entendez.

LE GOUVERNEUR bas à Célie.

Ne la contredisons point.

CELIE bas au gouverneur.

Non. Feignons de croire tout ce qu'elle voudra nous dire.

FLÉRIDE.

Parlez, Célie, ne suis-je pas venue demander im asile dans cette maison .•'

CÉLIE

Oui, vraiment, et nous vous l'avons accordé coninu-

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