SCÈNE IV
seils ; l'un d'oublier Valère, et l'autre de vous roidir contre l'autorité paternelle. Vous avez trop d'amour pour suivre le premier ; j'ai la conscience trop délicate pour vous donner le second. Cela est embarrassant , comme vous voyez.
ANGÉLIQUE
Ah ! Lisette , tu me désespères.
lisettï:.
Attendez... Il me semble pourtant que l'on peut concilier votre amour et ma conscience... Oui, allons trouver votre mère.
ANGÉLIQUE
Que lui dire ?
LISETTE
Avouons-lui tout. Elle aime qu'on la flatte, qu'on la caresse ; flattons-la, caressons-la. Dans le fond , elle a de l'amitié pour vous, et elle obligera peut-être M. Oronte à retirer sa parole.
ANGÉLIQUE
Tu as raison , Lisette ; mais je crains... (Elle hésite. )
LISETTE
Quoi ^
ANGÉLIQUE
Tu connois ma mère : son esprit a si peu de fermeté !
LISETTE
Il est vrai qu'elle est toujours du sentiment de celui qui lui parle le dernier. N'importe , ne hùssons pas de
l'attirer dans notre parti... (Voyant approcher madame Oronte.)
Mais je la vois... Retirez-vous pour un moment; vous reviendrez quand je vous en ferai signe.
( Angélique se retire an fond da théâtre. )