‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 262 sur 399 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

plaise que je fasse la moindre violence à ses sentiments ! Dites -moi, Lisette, auroit-elle de l'aversion pour Damis ?

LISETTE

£h! mais

m""" oronte.

Ne me cachez rien.

(Elle hésite.)

LISETTE

Puisque vous voulez savoir les choses, madame, je vous dirai qu'elle a de la répugnance pour ce mariage. m"^ oronte.

Elle a peut-être une passion dans le cœur ?

LISETTE

Oh! madame, c'est la règle. Quand une fille a de l'aversion pour un homme qu'on lui destine pour mari , cela suppose toujours qu elle a de l'inclination pour un autre. Vous m'avez dit , par exemple , que vous haïssiez M. Oronte la première fois qu'on vous le proposa, parce que vous aimiez un officier qui mourut au siège de Candie.

m"* oronte.

Il est vrai ; et si ce pauvre garçon ne fût pas mort , je n'aurois jamais épousé M. Oronte.

LISETTE

Eh bien ! madame , mademoiselle votre fille est dans la même disposition où vous étiez avant le siège de Candie.

m"" oronte.

Eh ! qui est donc le cavalier qui a trouvé le secret de lui plaire ?

LISETTE

C'est ce jeune gentilhomme qui vient jouer chez vous depuis quelques jours.

m'" oronte.

Qui ? Valère ?

Lui-même.

LISETTE

m"^ oroivte.

A propos, vous m'en faites souvenir; il nous regardoit

hier, Angélique et moi , avec des yeux si passionnés

Etes-vous bien assurée , Lisette, que c'est de ma fille qu'il est amoureux ?

LISETTE faisant signe à Angélique de s'approcher.

Oui, madame, il me la dit lui-même, et il m'a chargée de vous prier, de sa part, de trouver bon qu'il vienne vous en faire la demande.

AJVGELIQUE s'approchant , à madame Oronte.

Pardonnez, madame, si mes sentiments ne sont pasconformes aux vôtres ; mais vous savez...

m"* oronte l'interrompant.

Je sais bien qu'une fille ne règle pas toujours les mouvements de son cœur sur les vues de ses parents ; mais je suis tendre, je suis bonne, j'entre dans vos peines; en un motj agrée la recherche de Valère,

ANGÉLIQUE

Je ne puis vous exprimer , madame , tout le ressentiment que j'ai de vos bontés.

LISETTE à madame Oronte.

Ce n'est pas assez, madame, M. Oronte est un petit opiniâtre; si vous ne soutenez pas avec vigueur....

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