‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 300 sur 399 · scène xxvi · texte numérisé non relu

scène xxvi

valî:r e.

Oh ! vous ne nous échapperez pas , messieurs les marauds , et vous serez traités comme vous le méritez.

( Valère prend Crispin au collet; M. Oronte et M. Orgon se saisissent de La Branche. )

M. QRONTE à Crispin et à La Branche.

Ah ! ah ! nous vous tenons , fourbes !

]\r. ORGON à La Branche, en montrant Crispin^

Dis-nous, méchant, qui est cet autre fripon que tu fais passer pour Damis ?

VALERE

C'est mon valet.

m"' ORONTE.

Un valet? juste ciel! un valet!

VALÈRE

Un perfide ! qui me fait accroire qu'il est dans mes intérêts, pendant qu'il emploie, pour me tromper, le plus noir de tous les artifices.

CRISPIN

Doucement, monsieur, doucement! ne jugeons point sur les apparences.

M. ORGON à La Branche.

Et toi , coquin! voilà donc comme tu fais les comihissions que je te donne?

LA BRANCHE

Allons, monsieur, allons, bride en main, s'il vous plaît : ne condamnons point les gens sans les entendre.

M. ORGON

Quoi! tu voudrois soutenir que tu n'es pas nn maître fripon :'

Le Sage. ThÉ.vtri'.. «4

370 CIlI^i:^ RIVAL DE SOT MAITTlE*

LA BRAJVCHE feignant de pleurer.

Je suis un fripon, fort bien ; voyez les douceurs qu'on

s'attire en servant avec affection !

VALÈRE à Crispin.

Tu ne demeureras pas d'accord, non plus , toi , que tu es un foui'be , un scélérat ?

CHISPI^N' avec nn fort emportement.

Scélérat ! fourbe ! Que diable , monsieur , vous me prodiguez des épitliètes qui ne me conviennent point du tout.

Nous aurons encore tort de soupçonner votre fidélité, traîtres ?

M. ORGOX à La Brandie et à Crispin;

Que direz-vous pour vous justifier, misérables ?

LA BRANCHE

Tenez , voilà Crispin qui va vous tirer d'erreur.

CRISPIN à M. Oronle.

La Branche vous expliquera la chose en deux mots.

LA BRANCHE

Parle, Crispin, fais-leur voir notre innocence.

CRisriN.

Parle toi-même , La Branche : tu les auras bientôt désabusés.

LA BRANCHE

Non , non , tu débrouilleras mieux le fait.

CRISPIN à M. Oronte et à Talère.

Eh bien ! messieurs, je vais vous dire la chose tout naturellement. J'ai pris le nom de Damis, pour dégoûter, par mon air ridicule, M. et madame Oronte, de TalUance de M. Orgon , et les mettre par là dans une

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