ACTE III, SCÈNE VII
à m'assoupirj mais la peur d'être assoninié de coups par don André, si je le fais attendre long-temps dans la rue, ne me permet pas de dormir tranquillement. 11 m'a donné ordre de l'introduire ici cette nuit. Je dois... f Appercevant Inès. ) Mais j'aperçois Inès ; elle n'est pas encore retirée.
INES , bas, entendant la voii de Mogicon , et le reconnoissant.
Voici Mogicon. Voyons s'il aura l'esprit de m'en conter.
MOGICOiV bas.
La drôlesse est jolie ! Lions conversation avec elle , et employons ce temps pour mon compte. Aussi bien , quand don André sex'oit déjà à la porte, je ne pourvois le faire entrer présentement.
INÈS bas.
Il a fair timide , il faut que je l'agace.
MOGICON ba-s.
Je ne vais qu'avec ciainte à l'abordage. Elle me pa-
roît fille réservée. ]N importe , risquons le paquet
Charmante Inès , beauté plus suave que l'ambre gris...
INÈS bas.
Oh! oh! il me dit des douceurs. Armons-nous de fierté.
MOGICON.
Votre bouche, plus vermeille que l'aurore, n'a fiiit qu'un morceau de ma liberté.
INÈS bas.
Il a mal fait de me prévenir : j'allois me jeter à sa tête. MOGICON.
L'Amour, cet aveugle, tyran , m'a percé de
traits si perçants
INÈS lui riant au nez.
Le beau jeune homme que voilà !
MOGICON.
Si vous voulez récompenser l'ardeur de mes feux
INÈS bas.
Oh! pour cela, je n'y manquerai pas; et même tout à l'heure.
MOGICON voulant l'embrasser.
Vous me verrez , par mille embrassements réitérés....
INES le repoussant.
Arrêtez , insolent , vous êtes bien hardi de me demander des faveurs avant que de les avoir méritées ! MOGICON.
Mademoiselle Inès , ne vous mettez point en colère , je suis un garçon d'honneur.
INÈS
Tais-toi , faquin. T'imagines-tu que je pourrai jeter les yeux sur un homme de ta condition , moi, pour qui d illustres cavaliers font gloire de soupirer ? Voyez un peu ce misérable valet qui veut manger à la table des
maîtres ! ( Elle veut s'en aller. )
MOGICON retenant Inès par sa robe.
Encore un mot, de grâce.
INÈS le repousse.
Laisse -moi, nigaud, et ne me réplique pas
(Elle s'adresse aux dames. ) Vous , mesdames, qui m'écoutez, apprenez de moi ceci pour votre instruction : Si vos époux sont vos maîtres , obéissez-leur ; et si vous êtes leurs maîtresses , faites-les obéir : quand vous serez l'enclume, souffrez; et quand" vous serez le marteau,
frappez. (Elle sort , et emporte la lumière. )