‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 4 sur 399 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DON ANDRÉ, MOGICON.

DON ANDRÉ

J'ai cru d'abord qu'il me cherchoit pour un autre sujet qui m'auroit bien plus embarrassé.

MOGICON.

Bien plus ? ma foi , je n'en crois rien.

DON ANDRÉ

Je craignois qu'il ne vînt me défendre de voir sa sœur Isabelle, à qui je fais l'amour, et dont je suis écouté.

MOGICON.

Puisque sa sœur vous aime , vous devriez cesser de poursuivre sa maîtresse.

DON ANDRÉ

Et pourquoi , fat ?

MOGICON.

Ah ! il est vrai que ce seroit faire une action sensée ; donnez-vous-en bien de garde.

DON ANDRÉ

Don Garcie souhaite que je le laisse en repos : cela suffit pour m'engager à le tourmenter. Oui , Mogicon , quand je serois dégoûté de Léonor, les chagrins d'un rival me donneroient un nouveau goût pour elle.

MOGICON.

Des sentiments 'si raisonnables ne peuvent manquer d'avoir une bonne fin.

DOIS- ANDRE

Je n'y saurois que faire. Dès ce moment je brûle pour Léonor j je ne suis occupé que de Léonor.

MOGICON.

Paix. Voici son père qui vient vous visiter. Vous verrez que le vieux pénard trouve aussi à redire à notre façon de vivre.

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