ACTE I, SCENE III. yg
LE ROI prenant la lettre.
: Au comte.) Comte, laissez -nous..,.. (A don Félix.) Qui
m'écrit cette lettre .' (Le comte sort. )
DO:X FÉLIX
C'est une dame que j ai rencontrée à Villaréal.
LE ROI ouvrant le billet.
Son nom ?
DO?f FÉLIX.
Elle défendit à ses domestiques de me l'apprendre.
LE ROI ba.<.
C'est Elvire. Lisons,
« Don Félix de 3Iendoce a été obligé de quitter la « cour de Castille pour des raisons qu il doit dire à votre « majesté. Je la supplie très-humblement de les écouter « et d'avoir la bonté de le protéger contre ses ennemis, « qui en veulent à sa vie et à son honneur. Son mérite le « rend digne de cette grâce , que je prends la liberté de •< vous demander pour lui. »
(Bas.) Elvire revient , et ce cavalier pourra m'être nécessaire (Haut.) Don Félix, je connois votre noblesse :
je sais que vous descendez des premiers Goths qui conquirent l'Espagne. Je vous donne un asile en mon palais. Ne craignez rien. Je m intéresse pour vous.
DOX FÉLIX.
Ah ! seigneur, puissé-je , en versant tout mon sang à votre service , vous marquer...
LE ROI l'interrompant.
Je suis content de votre zèle. Dites - moi seulement pour quelle offense votre vie est menacée.
DO^^ FÉLIX
Après la conquête d'Antequerre et de Malaga , je
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1(K) nON FÉLIX DE MENDOCE.
m'attachai à une dame de Tolède, nommée Blanche de (iuzman. Elle agréa mes soins , et elle y répondit. Nos jours couloient dans la plus parfaite intelligence , lorsqu'on apprit à Tolède qu'Almanzor sortoit de Jaën , suivi des plus hraves guerriers maures , dans le dessein de rétablir sa gloire et de réparer ses pertes passées. Ce bruit réveilla l'oisive jeunesse de notre cour, et chacun lit ses préparatifs pour aller joindre le grand-maître de Calatrava. Il fallut quitter Blanche. Que mon départ lui coûta de larmes ! J avois fait travailler en or une devise que je lui donnai. C'étoit un Amour qui expiroit de douleur dans les bras d'une nymphe. De peur d'abuser de vos bontés, seigneur, je passerai sous silence ce que nous fîmes contre Almanzor.
LE ROI
Non , Mendoce , je suis bien aise de vous entendre raconter le succès de cette guerre.
DON FÉLIX
A peine fûmes - nous à Sierra - Morena , qu'un mélange agréable de diverses couleurs s'offrit à nos regards. Nous vîmes briller aux rayons du soleil , dans des bannières d'or et de soie , les orgueilleuses lunes maures. Nous allons à nos fiers ennemis ; nous les attaquons avec cette furie qui rend les Espagnols si redoutables , et nous en faisons un horrible carnage. Les Maures soutiennent nos premiers efforts sans s'ébranler ; mais peu ù peu leur ardeur se ralentit , leur courage s'abat , et la victoire se déclare pour nous. Après leur défaite je retournai à Tolède ; mais , hélas ! mon retour n'étoit plus souhaité de Blanche. Son froid accueil et son air embarrassé me firent pressentir son