‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 81 sur 399 · ACTE II, SCENE I. lOy · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I. lOy

sauroit nous faire beaucoup de mal; mais d'être aime , peste ! le ciel nous en préserve.

DON FKLIX.

Pourquoi ?

R AMI RE

C'est que j'y vois deux inconvénients. Le premier est un crime de lèse-majesté. Le roi a fait au comte un mystère de la lettre d'Elvire , et lui a même dit que le roi de Gastille lui a écrit en votre faveur. Ce mensonge me fait faire des réflexions qui m'alarment pour vous et pour moi.

DON FÉLIX

yenons au second inconvénient.

RAMIRE

11 me paroît aussi dangereux que le premier.

DON FÉLIX

Voyons.

RAMIRE

Si le comte vient à flairer votre amour, crac, il nous mettra tous deux à la porte.

DON FÉLIX

Oh ! je m'étudierai à lui cacher mes sentiments.

RAMIRE

Vous avez fort bien commencé. Hier, dans le salon du jardin , il vous échappa des marques de passion dont je suis sûr que le connétable s'aperçut, car il avoit l'air inquiet ; et je remarquai même qu'il vous observoit avec une attention mêlée de défiance. Si vous ne devenez plus circonspect, il nous faudra bientôt plier bagage. DON. FÉLIX.

Ne te mets point en peine , mon ami ; mes paroles

IIO DON FELIX DE MENDOCE

et mes actions seront bien mesurées ; mais n'espère pas que je puisse cesser d'aimer Elvire. Je suis trop épris de sa beauté ; et d'ailleurs ce seroit une bassesse de cœur à moi de me défendre de cet amour , de peur d'y rencontrer des obstacles.

Ce seroit plutôt un trait de prudence. Parbleu , si vous ne pouvez vivre sans maîtresse, que ne consacrezvous votre oisiveté à l'aimable Hippolyte qui vous lorgne , ce me semble , assez tendrement ? Elle n'est pas, à la vérité , si belle qu'Elvire , sa cousine , ni tout-à-fait si jeunej mais , en récompense , vous n'aurez point de dangereux compétiteurs à craindre.

DO]?f FÉLIX.

Discours inutiles, mon enfant ! Je ne puis aimer que la sœur du connétable. Pour elle seule....

RAMIRE

Chut.... Voici sa confidente.

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