ACTE II, SCENE II. m
BÉATRIX
Quelque clame de Tolède cause sans doute votre inquiétude.
DOjV FÉLIX.
Les soucis que j'avois en Castille ne sont pas ceux qui m'occupent en Aragon.
BÉATRIX
C'est-à-dire que ma maîtresse....
DOA" FÉLIX
Je l'adore , et c'est d'elle que dépend le bonheur ou le malheur de ma vie.
BÉATRIX
Vous êtes donc bien amoureux?
RAMIRE
A la^folie.
DON FÉLIX
Mon amour ne peut augmenter. Que fait la charmante Elvire ? Le sommeil apparemment la tient encore dans ses bras.
BÉATRIX
Non, elle est à sa toilette.
RA3IIRE.
Elle a peut-être aussi s^s inquiétudes.
BÉATRIX
Voilà un homme d'une grande pénétration.
RA3ÎIRE.
Nous ne sommes donc pas si diligents , puisque le soleil est déjà levé.
Oh! point de raillerie! Je vous jure que l'astre du jour n'est pas plus brillant lorsqu'il sort du sein de
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l'onde , que ma maîtresse quand elle sort de son lit. DOW FÉLIX.
J'en suis persuadé. Heureux qui pourroit la voir à sa toilette !
EÉATRIX.
C'est un plaisir que je vous procurerai , si vous le souhaitez.
DON FÉLIX
Si je le souhaite ! Ah ! ma chère Béatrix, que je t'aie cette obligation.
BÉATRIX
Approchez- vous de la porte; elle est entrouverte; mais ne faites pas de bruit. Couvrez-vous de la portière, et considérez Elvire tout à votre aise. (Don Félix s'approche
de la porte de la chambre d'Elvire. )
RAMIKE à Béatrix.
La bonne Béatrix fait obligeanmaent tout ce qui dépend de son petit ministère.
BÉATRIX
Assurément. Ne faut-il pas faire plaisir quand on le peut?
RAMIRE
La belle âme ! Puisque vous prenez plaisir à obliger le
prochain, il faut, mademoiselle Béatrix, que je vous
offre une occasion d exercer votre humeur bienfaisante...
Je me sens du goût pour vous.... et je voudrois....
( Il lui prend la main. )
BÉATRIX le repoussant.
Parlons , je vous prie, sans gesticuler. Vous m'aimez, dites-vous?