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la Barca; la seconde, en un acte et en prose , est ce Crispin rival de son maitre ^ qu'on voit toujours avec plaisir. Le sort de ces deux pièces fut tout-àfait différent à la ville et à la cour. A Paris, on accueillit très-mal Don César Ursin^ et très-bien Crispin rival de son maître. Ce fut tout le contraire à la cour. C'est le jugement de la ville qui a été confirmé par la postérité.
La fortune favorisait Le Sage. Ce fut au commencement de l'été de 1707 que parut le Diable Boiteux^ un volume in-12, imitation de Louis Vêlez de Guevara , auteur espagnol. Cette fois le traducteur français eut lieu de s'applaudir de son travail. Son livre eut un succès prodigieux. Deux éditions en furent enlevées promptement. On raconte même que deux jeunes seigneurs, entrant en même temps chez un libraire pour en demander chacun un exemplaire, se battirent en duel pour savoir qui aurait le seul qui restât. La même année 1707 , le volume fut réimprimé à Amsterdam. Il n'avait alors que seize chapitres ; tous les états de la vie y sont passés en revue, et les traits satiriques se succèdent sans interruption. Il n'était pas bien difficile de deviner sur qui portaient quelques allusions : dans don Bourvalos , tout le monde reconnaissait Bourvalais , célèbre maltôtier du temps. Cependant l'auteur a depuis changé ce nom , et le personnage est appelé don Blanco ( voy.
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le chapitre viii). En 172G, Le Sage tloiina une édition augmentée d'un volinne. Ce fut alors qu'il ajouta au chapitre x l'aventure deDutresny (mort en 1724), qui avait épousé sa blanchisseuse. Baron , quoique vivant encore , fut le sujet d'une addition au chapitre xvi , où il est question d'iui comédien métamorphosé dans le conseil des dieux en une figure de décoration. Dans le chapitre xvii, le premier de ceux qu'avait ajoutés Le Sage , on reconnut Ninon , quoiqu'il ne fût question que d'une veuve allemande vivant de son douaire à Madrid. La malignité des lecteurs alla peut-être trop loin ; mais il est à regretter qu'on n'ait pas une copie des clefs du Diable Boiteux , comme nous en avons des Caractères de La Bruyère , (^t même du Télémaque. Une quatrième édition, qui est de Î737, contient V Entretien des cheminées de Madrid et les Béquilles du Diable Boiteux. Ces deux opuscules , dont le dernier est*de Bordelon , ont toujours été réimprimés à la suite du Diable Boiteux.
Il ne faut pas oublier de dire que Dancourt , à l'affût de tous les événemens du jour, composa le Diable Boiteux., comédie en un acte, jouée le 8 octobre 1 707, et /t; second chapitre du Diable Boiteux , comédie en deux actes , jouée le i3 novembre suivant.
Une petite pièce intitulée les Elrennes avait été
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présentée par Le Sage aux comédiens français , pour être jouée le premier janvier 1708. Ils la refusèrent, sur le fondement qu'ils n'admettaient point de petites pièces depuis la Saint-Martin jusqu'à Pâques. Le sujet prêtait beaucoup : l'auteur revit son ouvrage, et c'est de là que naquit Turcaret , l'un des plus beaux titres de gloire de Le Sage. S'il est vrai que cette pièce fut dictée par l'humeur qu'il avait d'avoir perdu son emploi dans les fermes de la Bretagne, c'est garder rancune long-temps , et la pousser bien loin. Avoir composé une comédie n'est rien ; il faut la faire jouer, ce qui souvent est très - difficile. Le Sage ne l'é^ prouva que trop. Outre les obstacles ordinaires , il en eut de très-puissans à vaincre. Les traitans , qui étaient joués dans la pièce, employèrent tous leurs moyens , tout leur crédit pour en empêcher la représentation. L'auteur se dédommagea de ces retards par des lectures qu'il faisait dans de brillantes sociétés. Jaloux des richesses des parvenus , de grands seigneurs , de belles dames se déclarèrent ses protecteurs. La duchesse de Bouillon *
' Deux Bouillons tour-à-tour ont brillé en re monde. Par la beauté, le caprice et l'esprit; Mais la première eût crevé de dépit, Si par malheur elle eût vu la seconde.
La seconde est Louise-Henriette-Françoise de Lorraine,
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était du nombre. Elle tenait un bureau d'esprit , et choisit elle-même un jour où la lecture aurait lieu chez elle. Le Sage demanda que cette lecture se fît avant midi , parce qu'il ne lui était pas possible de lire après le dîner. Mais le jour choisi par la duchesse se trouva être celui où se jugeait un procès important , que Le Sage perdit. Cette circonstance l'empêcha d'être exact au rendez-vous. En arrivant , il raconte la cause de son retard , se confond en excuses. On le reçoit avec hauteur, on ne l'écoute pas , on lui reproche d'avoir fait attendre la compagnie. — Madame , dit Le Sage à la duchesse, je vous ai fait perdre une heure; je veux vous la faire gagner. Je vous jure, avec tout le respect que je vous dois , que je n'aurai pas l'honneur de vous lire ma pièce. Et faisant une profonde révérence , il se retire. On court vainement après lui; jamais il ne voulut rentrer. Enfin le i3 octobre, Monseigneur ' ordonna aux comédiens français d'apprendre l'urcaret, et de le jouer incessamment. Le froid excessif du mois de janvier 1709
épouse d'Emmanuel-Théodore de la Tour , duc de Bouillon, morte le 3i mars 1737, à trente ans.
La première était la protectrice de La Fontaine, Marie- Anne Mancini, nièce de Mazarin, mariée à Godefroi Maurice, et morte le 20 juin I7i4) à soixante-quatre ans.
' Le grand Dauphin, fils de Louis xiv, ot père du duc de Bourgogne; né en 1661, mort un 171 1.