XIV NOTICE SUR LA VIE
échapper aux poursuites des comédiens français , se mirent en tête d'acheter de Guyenet , directeur de l'Académie royale de musique , et à ce titre en possession du privilège de chanter, la permission de chanter. Le marché fut conclu.
Les autres directeurs passèrent vente de leur entreprise à deux Suisses de la garde ordinaire du duc d'Orléans. Ces Suisses, condamnés d'abord par le heutenant de pohce , puis par la prévôté de l'hôtel de leur maître, en appelèrent au grand conseil. Nonobstant l'appel, le parlement, pour faire exécuter sesarrèts, envoya, le 20 février 1709, après le spectacle , plusieurs escouades du guet à pied et à cheval , quarante archers de la robe courte , le menuisier de la Comédie française , et plusieurs garçons , pour démolir le théâtre de Holtz et Godard. A l'instant survint un huissier du grand^conseil , porteur d'un arrêt de sa cour , en date du même jour, qui cassait celui du parlement. Cela n'empêcha pas d'abattre une partie du théâtre et des loges , et de rompre les décorations. Les propriétaires firent sur-le-champ rétablir tout ce qui avait été brisé ; et le lendemain , à dix heures du matin , on placarda comme à l'ordinaire les affiches de leur spectacle. Le soir , la salle fut pleine.
Le théâtre fut de nouveau démoli , et ses débris brûlés. Ce furent à leur tour les comédiens fo-