‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 5)Chapitre 84 sur 193 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

vivre de mon métier : je meurs d'ennui depuis que je ne travaille plus. Hë bien , mon père , a répliqué Francillo, retournez au village, continuez d'exercer votre profession; mais que ce soit seulement pour vous désennuyer. Remportez votre bourse, et n'épaignez pas la mienne. Eh ! que veux-tu que je fasse de tant d'argent ? a repris maître Jacques. Soulagez-en les pauvres , a reparti le banquier; faites-en l'usage que votre curé vous conseillera. Le savetier, content de cette réponse, s'en est retourné à Mediana.

Don Cleophas n'écouta pas sans plaisir Ihistoire de Francillo ; et il alloit donner toutes les louanges dues au bon cœur de ce banquier, si dans ce moment même des cris perçants n'eussent attiré son attention. Seigneur Asmodée, s'écria-t-il, quel bruit éclatant se fait entendre? Ces cris qui frappent les airs, répondit le Diable, partent d'une maison où il y a des fous enfermés : ils s'égosillent à force de crier et de chanter. Nous ne sommes pas bien éloignés de cette maison ; allons voir ces fous tout à l'heure, répliqua Leandro. J'y consens, repartit le démon : je vais vous donner ce divertissement, et vous apprendre pourquoi ils ont perdu la raison. Il n'eut pas achevé ces paroles, qu'il emporta l'écolier sur la casa de los locos.

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