LIVRE II, CHAP. VIII. lOD
la' tête, et j'en fus si étourdi dans le moment, que je pensai tomber à la renverse. Je sentis que j'étois bien blessé. Il ne m'en fallut pas davantage pour me dégoiiter de la galanterie; et , perdant mon amour avec mon sang, je regagnai notre maison , où je réveillai et fis lever tout le monde. Mon maître visita et pansa ma blessure , qu'il jugea dangereuse. Elle n'eut pas pourtant de mauvaises suites, et il n'y paroissoit plus trois semaines après. Pendant tout ce temps-là , je n'entendis point parler de Mergelina. Il est à croire que la dame Melancia, pour la détacher de moi, lui fit faire quelque bonne connoissance. Mais c'est de quoi je ne m'embarrassois guère, puisque je sortis de Madrid pour continuer mon tour d'Espagne , d'abord que je me vis parfaitement guéri.