‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 105 sur 221 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

chaise de poste, on ne va pas nous prendre tout à coup pour des banqueroutiers.

LA COMTESSE

Votre projet est si absurde, si extravagant, qu'il m'amuse.

Suivons-le, il sera tout simple.

LA COMTESSE

J'en suis presque tentée.

J'en suis enchanté. Holà! Germain!

Entre Germain,

GERMAIN

Vous avez appelé, monsieur?

A part.

Je crois que le danger est passé.

Va vite chercher cette grande malle, qui est làbas au milieu de la chambre, et apporte-la tout de suite. »

iSERMAIN.

Ici, monsieur?

LE MARQJUIS.

Oui; dépêche-toi.

Germain sort,

LA COMTESSE, riant.

. Ah, mon Dieu! mais quelle folie! vous envoyez prendre votre malle?

Oui, il faut faire nos paquets sur-le-champ, parce

que, voyez-vous, quand on- a une bonne idée, ilfaut s'y tenir ; je ne connais que cela.

LÀ COMTESSE

Un instant, marquis; avant de s'embarquer, bride abattue, pour les Grandes- Indes j il faut prendre son passe-port. Etes-vous bien sûr que je sois douée de toutes les qualités requises pour faire convenablement votre ménage dans quelqu'un de ces grands châteaux que vous possédez en Espagne t

LE Ï1IARQ.UI8.

En Espagne ? Je ne vous comprends pas.

LK COMTESSE

Ai-je bien ce calmfc, cette présence d'esprit, cette égalité de caractère, si nécessaires dans une inaison, surtout quand le piaître en donne l'exemple ?

Vous vouç moquez. Est-il donc besoin que je yous répète ce que sait tout le monde, qu'on voit en vous toutes les qualités, comme tous les talents, et toutes les grâces ?

LA COMTESSE

Mais vous oubliez que je suis coquette, paresseuse à faire pitié, et étourdie, surtout étourdie...

Qui a jamais dit cela, madame?

LA COMTESSE

Un de mes amis.

- Un impertinent

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