SCÈNE IX
chaise de poste, on ne va pas nous prendre tout à coup pour des banqueroutiers.
LA COMTESSE
Votre projet est si absurde, si extravagant, qu'il m'amuse.
Suivons-le, il sera tout simple.
LA COMTESSE
J'en suis presque tentée.
J'en suis enchanté. Holà! Germain!
Entre Germain,
GERMAIN
Vous avez appelé, monsieur?
A part.
Je crois que le danger est passé.
Va vite chercher cette grande malle, qui est làbas au milieu de la chambre, et apporte-la tout de suite. »
iSERMAIN.
Ici, monsieur?
LE MARQJUIS.
Oui; dépêche-toi.
Germain sort,
LA COMTESSE, riant.
. Ah, mon Dieu! mais quelle folie! vous envoyez prendre votre malle?
Oui, il faut faire nos paquets sur-le-champ, parce
que, voyez-vous, quand on- a une bonne idée, ilfaut s'y tenir ; je ne connais que cela.
LÀ COMTESSE
Un instant, marquis; avant de s'embarquer, bride abattue, pour les Grandes- Indes j il faut prendre son passe-port. Etes-vous bien sûr que je sois douée de toutes les qualités requises pour faire convenablement votre ménage dans quelqu'un de ces grands châteaux que vous possédez en Espagne t
LE Ï1IARQ.UI8.
En Espagne ? Je ne vous comprends pas.
LK COMTESSE
Ai-je bien ce calmfc, cette présence d'esprit, cette égalité de caractère, si nécessaires dans une inaison, surtout quand le piaître en donne l'exemple ?
Vous vouç moquez. Est-il donc besoin que je yous répète ce que sait tout le monde, qu'on voit en vous toutes les qualités, comme tous les talents, et toutes les grâces ?
LA COMTESSE
Mais vous oubliez que je suis coquette, paresseuse à faire pitié, et étourdie, surtout étourdie...
Qui a jamais dit cela, madame?
LA COMTESSE
Un de mes amis.
- Un impertinent