‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 118 sur 221 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

PERILI.O.

J'agirai comme il vous plaira. Faut-il que je m'éloigne pour quelques jours, pour un aussi long temps qu^ vous le jugerez nécessaire ? Parlez, mon père, j'obéirai.

MAITRE BERNARD

Non, mon ami, tu resteras. N'es-tu pas aussi* de la famille ?

PERILLO

Il est bien vrai quî. j'espérais en être, et vous appeler toujours de ce nom de père que vous me permettiez quelquefois de vous donner.

Toujours, et tu ne nous quitteras plus.

PERILLO

Mais vous dites que ma présence peut être nuisible ou fâcheuse. Quand ma vue ne devrait causer qu'un moment de souffrance, la plus faible impression, la plus légère pâleur sur ses traits chéris, ô Dieu ! plutôt que de lui coiiter seulement une larme, j'aimerais mieux recommencer le long chemin que je viens de faire, et m'exiler à jamais de Palerme.

MAITRE BERNARD

Ne crains rien, j'arrangerai cela.

PERILLO.-

Aimez-vous mieux que j'aille loger dans un autre quartier de la ville ? Je puis trouver quelque maison du faubourg, — j'en avais une avant d'être orphelin. — ^^ J'y demeurerais enfermé tout le jour> afin que

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mon retour fût ignoré ; le soir seulement, n'est-ce pas, ou le matin de bonne heure, je viendrais frapper à votre porte et demander de ses nouvelles, car vous concevez que sans cela je ne saurais... Elle souâire donc beaucoup ?

IAAITr'e BERNARD.

Tu pleures, garçon ? Écoute donc, il ne faut pourtant pas nous désoler si vite. Cette incompréhensible maladie ne nous a pas dit son dernier mot. Elle dort dans ce moment-ci, et, je te l'ai dit, cela est de bon augure. Qui sait? Prenons nos précautions tout doucement, avec ménagement. Évitons, avant tout, qu'elle ne te voie trop vite ; dans l'ôtat où elle est, je n'oserais pas répondre...

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