‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 138 sur 221 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

MINUCCIO

Mais oui,... sans doute,... comme par le passé...

PERILLO

Quand tu le verras, Minuccio, tu lui diras... SCÈNE II L

Les Précédents, SER VESPASIANO.

SER VESPASIANO, en entrant.

J'attendrai ! C'est bon, j'attendrai ! Messeigneurs, je vous annonce le roi.

A Minuccio.

Ah! c'est toi, bel oiseau de passage 1 Je t'ai mené hier un peu rudement, à souper, chez cette petite ; mais je ne veux pas que tu m'en veuilles. Que diable, aussi ! tu t'attaques à moi, sous les regards de la beauté !

MINUCCIO

Je vous assure, seigneur, que je n'ai point de rancune, et que, si vous m'aviez fâché, vous vous en seriez douté tout de suite.

Je l'entends ainsi ; il y a place pour tout. Si tu t'avisais, dans ce palais, de gouaille r un homme de ma sorte, on ne laisserait point passer cela; mais tu conçois que je déroge un peu quand je vais chez la Carmosine, et qu'on n'est plus là sur ses grands chevaux.

MINUCCIO

Vous êtes trop bon de n'y pas monter. S'il ne s'agissait que de vous en faire descendre...

SER TESPA8IAN0.

Ne te fâche pas, je te pardonne. En vérité, je joue depuis hier, en toute chose, d'un merveilleux guignon. 11 faut que je t'en fasse le récit.

PERILLO, àpart.

Quelle espèce d'homme est-ce là ? Il a parlé de Carmosine.

Je t'ai dit combien j'aurais à cœur de posséder ces champs de Ceffalù et de Calatabellotte ; tu n'ignores pas où ils sont situés?

MINUCCIO

Pardonnez-moi, illustrissime.

Ce sont des terres à fruits, près de mes pâturages.

MINVCCXO.

Mais vos pâturages, où sont-ils ?

Hé, parbleu ! près de Ceffalù et de Calata...

J'entends bien, mais quand j'y ai été, autant qu'il peut m'en souvenir, il n'y avait là que des pierres et des moustiques.

Calatabellotte est un lieu fertile.

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