ACTE II, S^CÈNB VI
TROISIÈME DEMOISELLE
Les avez-vou8 fait rajuster ?
Je ne fais point de cas des railleries des femmes.
PREMIÈRE DEMOISELLE
Nous VOUS interrogeons, répondez ; sinon, nous dirons que vous n'êtes pas plus habile à repartir un mot de courtoisie...
Eh bien ?
DEUXIÈME DEMOISELLE
Qu'à parer une lance courtoise.
SER VESPASIANO, à part.
Petites perruches mal apprises !
LA REINE
Minuccio est si préoccupé qu'il n'entend pas ce qu'on dit près de lui.
MINUCCIO
Il est vrai, madame, et j'en demande très-humblement pardon à Votre Majesté. Je ne saurais penser depuis hier qu'à cette pauvre fille... je veux dire à ce pauvre garçon.,, non, je me trompe, c'est une romance que je tâche de me rappeler.
LA REINE
Une romance ? Tu nous la diras tout à l'heure. Mes bonnes amies veulent des jeux-partis. Faisleur quelques demandes pour les divertir. — Ser Vespasiano!
Afajesté!
LA REINE
Savez-vou8 trouver de bonnes réponses ?
SER VBSPASIANO, à part.
Encore la même plaisanterie !
Haut.
II n'y a pas de ma faute, madame, en vérité, U n'y en a pas.
LA REINE
De quoi parlez-vous ?
De mon mariage. C'est bien malgré moi, je vous le jure, qu'il n'a pas été consommé.
LA REINE
Une autre fois, une autre fois !
Votre Majesté sera satisfaite.
A part,
(( Un autre jour !» a dit le roi ; « une autre fois ! w a ajouté la reine, et quand j'ai salué, tous deux m'ont tutoyé ; en sorte que je suis au comble de la faveur, en même temps que je suis soulagé d'un grand poids. Dès que je pourrai m'esquiver, je vais voler chez cette belle.
L E , R G I , lisant toujours.
Voilà qui est bien. Charles le Boiteux crie d'un côté, et Charles d'Anjou de l'autre. — Ne parliezvous pas de jeux-partis ?
LA REINE
Oui, Sire, s'il vous plaît d'ordonner.