ACTE ffl, fCËNE Vlll, fÛj
£ A REINE
On ne lu crûiraîl paK-
CAHMQiilN E,
Le mal dont je souffre ne se voit pas toujours^ bien qu'il ne me quîHe jamaj^.
LA R E 1 n e.
11 ne saur^iit ûire bien si^rieu^i à votre fig^i.
CAflMOSlNE.
En tout tcmpSj Dieu fait ce qu'îl veut.
LA HElîSEp
Je suis sûre qu'il ne veut pas vom faire grand maU — Mais la crjiirne que j'ai du vous fatiguer me foret à préciser tnt» qucstionaj car je ne veux point voua lu cacher, c'cisi de vous, et de voua seulement, que JE! désirerais une réponse, et \s. suie persuadée^ si vous me la faites, qu'elle sera sincère. Voua avez été élevée avec ce [eu ne bomme^ vou* le connaiaaez depuis son enfance. — Est-ce un bonaâtc boEiîmc? Est-ce un bomme de cœur?
CAHHOStNl^.
Je k crois ainsi ; nrims^ madame, je ne suis pas un aaseï bon jag^.,.
Je m'en rapportfe entièrement à vous.
CAAMOIINË.
D'où me vient J'honncur que vous me faites? Je ne comprends pas bien que, sans me coan^tte^,, J.A n^^iitE.
Je vous connais plus qtic vous ne pensez^ et K preuve que y sa toute confiance en vous, c^esc h
)IO CARM081NB.
question que je vais vous faire, en vous priant de l'excuser, mais d'y répondre avec franchise. Vous êtes belle, jeune et riche, dit-on. Si ce jeune homme dont nous parlons demandait votre main, l'épouseriez- vous?
CARMOtlNE.
Mais, madame...
LA REINE
En supposant, bien entendu, que votre cœur fût libre, et qu'aucun engagement ne vînt s'opposer à cette alliance.
CARMOtIHB.
Mais, madame, dans quel but me demandezvous cela?
LA REINE
C'est que j'ai pour amie une jeune fille, belle comme vous, qui a votre âge, qui est, comme vous, un peu souffrante ; c'est de la mélancolie ou peut-être quelque chagrin secret qu'elle dissimule, je ne sais trop ; mais j'ai le projet, si cela se peut, de la marier et de la mener à la cour, afin d'essayer de la distraire ; car elle vit dans la solitude, et vous savez de quel danger cela est pour une jeune tête qui s'exalte, se nourrit de désirs, d'illusions ; qui prend pour l'espérance tout ce qu'elle entrevoit, pour l'avenir tout ce qu'elle ne peut voir; qui s'attache à un rêve dont elle se fait un monde, innocemment, sans y réfléchir, par un penchant naturel du cœur, et qui, hélas ! en cherchant l'impossible, passe bien souvent à côté du bonheur.