SCÈNE VIII
MADAME DE LÛKY,
Bah ! vous allez tomber dans la queue.
CHAVIGNT.
Cest vrai ; je ferai aussi bien d'attendre, et j'attendrai.
// s*approche du feu et s'assoit.
MADAME DE LÉrt, quittant sa lecture.
Savez-vous, monsieur de Chavigny, que vous m'étonnez beaucoup ? Je croyais vous avoir entendu dire que vous laissiez Mathilde parfaitement libre, et qu'elle aWsàt où. bon lui semblait.
Certainement ; vous en voyez la preuve.
MADAME DE Z>£rT.
Pas tant ; vous avez l'air furieux.
CHAVIGMT.
Moi ? par exemple ! pas le moins du monde.
MADAME DE L^RY
Vous ne tenez pas sur votre fauteuil. Je vous croyais un tout autre homme, je l'avoue, et, pour parler sérieusement, je n'aurais pas prêté ma voiture à Mathilde si j'avais su ce qui en est.
CHAVIGNY
Mais je vous assure que je le trouve tout simple, et je vous remercie de l'avoir fait.
MADAME DE LÉRY
Non, non, vous ne me remerciez pas ; je vous assure, moi, que vous €le8 fâché. A vous dire vrai, je crois que, si elle est sortie, c'était un peu pour vous rejoindre.
CHAVIGNT.
J'aime beaucoup cela ! Que ne m'accompàgnaitelle ?
Eh oui ! c'est ce que je lui ai dit. Mais voilà comme nous sommes, nous autres : nous ne voulons pas, et puis nous voulons. Décidément^ vous ne prenez pas de thé ?
CHAVIGNY
Non, il me fait mal.
MADAME DE LÉRT.
Eh bien ! donnez-m'en.
CHAVIGNY
Plaît-il, madame?
MADAME DE L^RY
Donnez-m'en.
. Chavigny se lève et remplit une tasse qu'il offre à madame de Léry.
C'est bon ; mettez ça là. Avons-nous un ministère ce soir?
CHAVIGNY
Je n'en sais rien.
MADAME DE LERY
Ce sont de drôles d'auberges que ces ministères. On y entre et on en sort sans savoir pourquoi ; c'est une procession de marionnettes.
CHAVIGNY
Prenez donc ce thé à votre tour ; il est déjà à moitié froid. •