‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 190 sur 221 · SCÈNE VI. 3$I · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. 3$I

Voilà une manière nouvelle de faire le voyage a'Iialie.

BETTINE

N'c8t-ce pas, marquis? Quand on s'aime ! Qu'estce que cela nous faisait, vos curiosités? Si vous saviez comme il est bon, aimable ! Que de soins il prenait de moi! Ah! quel voyage, bonté divine! Moi qui bâillais en chemin de fer, rien que pour aller à Saint-Denis, j'ai fait quatre cents lieues comme un rêve. — Votre Italie ! qui veut peut la voir, mais je défie qu'on la traverse comme nous ! Nous avons passé comme une flèche, et nous sommes venus droit ici.

Pourquoi ici, dans cette province ?

BETTINE

Pourquoi?... Mais je ne sais trop;... parce qu'il l'a voulu,... parce qu'il avait loué cette campagne... Que vous dirais-je?... Je n'en sais rien... Je serais aussi bien allée autre part,... au bout du monde... Que m'importait? Je me suis arrêtée ici, parce qu'en descendant devant la grille, il m'a dit : M Nous sommes arrivés. »

Que ne vous épousait-il à Paris?

BETTINE

Sa famille s'y opposait. C'est encore là un des cent mille obstacles...

5Sa BETTINE.

Vous ne m'avez pas encore dit son nom.

BETTINE

Ah, bah ! je ne vous l'ai pas dit? C'est qu'il me semble que tout le monde le sait. Il se nomme Steinberg, le baron de Steinberg.

Mais ce n'est pas un nom français, cela,

BETTINE

Non, mais sa famille habite la France.

En êtes-vous sûre?

Oh ! il me l'a dit.

Steinberg! je connais cela. Il me semble même me rappeler certaines circonstances... assez peu gracieuses... Eh, parbleu! c'est lui que je viens de voir ce matin.

BETTINE

Où cela? Dites. Chez la princesse?

Précisément, chez la princesse.

BETTINE

Âh ! malheureuse ! il y est encore !

Eh ! qu'avez- vous, ma bonne amie?

BETTINE

Il y est encore, c'est évident; c'est pour cela qu'il ne vient pas. Il y est encore, un jour comme

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