‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 192 sur 221 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Précédents, CÂLÂBRE.

CALABRE

Me voilà, madame, me voilà. Vous m'avez appelé ?

BETTINE

Oui, réponds. Pourquoi tout à l'heure as-tu fait l'ignorant quand je t'ai demandé où était ton maître ?

CALABRE

Moi, madame ?

BETTINE

Oui. Essaye donc de me mentir encore, lorsque tu sais qu'il est chez la princesse.

CALABRE

Ma foi, madame, je ne savais pas...

BETTINE

Tu ne savais pas ?

J54 BETTINE

CAZ.ABRE*

Pardon, je ne savais pas si je devais en instruire madame.

BETTINE

Ah ! on te l'avait donc défendu? Parleras-tu?

CALABRE

Eh bien ! madame, puisque vous le voulez, je ne vous cacherai rien. Monsieur le baron avait joué hier, il avait perdu sur parole. Il s'était engagé à payer ce matin. Il a voulu, avant toute autre affaire, tenir sa promesse.

BETTINE

Il avait perdu, mon ami? Ah, mon Dieu ! je n'en savais rien. — Vous le voyez, marquis, c'était là son secret, c'était là tout ce qu'il me cachait. Et il l'avait dit à Calabre ! N'est-ce pas que c'est mal de ne m'en avoir rien dit?

Je ne vois de sa part, dans tout cela, qu'un excès de délicatesse.

BETTINE

N'est-ce pas? Oh! c'est que mon Steinberg n'a pas l'âme faite comme tout le monde... Il .pourrait pourtant revenir plus vite.

Une femme qui joue et qui gagne au jeu, et qu'on paye dans les vingt-quatre heures, comme un huissier, croyez-moi, ma çhère^ ce n'est pas celle-là qu'on aime.

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