SCÈNE VII. 3SS
BETTINB.
Mai» j'y pense, je me trompe encore. Dis-moi, Calabre, que ne t'envoyait-il porter cet argent ?
CALABRE
Madame, c'est qu'il ne Tavait pas. II lui fallait aller à la ville le demander à son correspondant.
BETTINE
Mais j'en avais, moi, de l'argent. Ah ! que c'est mal ! que c'est cruel ! C'est donc une somme considérable?
CALABRE
Non, madame, je ne sais pas au juste ; mais il m'a dit que cela ne le gênait point.
Allons, madame et charmante amie, je vous quitte, je reprends ma course. Je suis heureux de vous voir heureuse. Adieu.
BEITINE.
Mais vous nous reviendrez ? Oh î je veux que vous soyez notre ami,d'abord, entendez-vous ? notre ami à tous deux ! Je prétends vous voir tous les jours, à la mode de notre pays. Où demeurez- vous?
A trois pas d'ici, à cette maison blanche, là, derrière les arbres.
BETTINE
C'est délicieux ! nous voisinerons.
Je le voudrais, mais c'est que je pars demain.^
356 BETTINE
BETTINE
Ah , bah ! si vite? c'est impossible ! Nous ne permettrons jamais cela. Et où allez- vous?
Je vais à Parme. Vous savez que j'ai lama famille, et, dans ce moment-ci, je suis absolument forcé...
BETTINE
Ah, mon Dieu ! quel ennui ! Vous êtes forcé, dites-vous ? Eh bien ! tenez , j'aimerais mieux ne pas vous avoir revu du tout. Oui, en vérité, car ce n'est qu'un regret de plus que vous êtes venu m'apporter, et Dieu sait maintenant quand voue reviendrez! Allez! vous êtes un méchant homme! — Mais au moins restez à dîner. Je veux que vous signiez mon contrat.
Je ne le peux pas, je suis engagé ; mais je reviendrai vous faire ma visite d'adieu ; et, puisque je ne puis signer votre contrat, je vous enverrai un bouquet de noce.
BETTINE
Un bouquet ?
Oui.
BETTINE
Va pour un bouquet.
OÙ allez-vous donc, s'il vous plaît ?
BETTINE
Je vous reconduis jusqu'à la grille. Je veux vous