IL FAUT Q^U'UNE PORTE
LA ATARQ^UISE. ■
Quand on a peur, on ne fait pas le brave. Eh bien ! voyons. Vous ne dites rien? Vous nie menacez, je m'expose, et vous ne bougez pas? Je m'attendais à vous voir au moins vous précipiter à mes pieds comme Rodrigue, ou M. Camus lui-même. II y serait déjà, à votre place.
Cela vous divertit donc beaucoup de vous moquer du pauvre monde?
LA MARQ^UISE.
Et vous, cela vous surprend donc bien de ce qu'on ose vous braver en face ?
LE COMTE
Prenez garde ! Si vous êtes brave, j'ai été hussard, moi, madame ; je suis bien aise de vous le dire, et il n'y a pas encore si longtemps.
LA MARQ,UISE.
Vraiment ! Eh bien ! à la bonne heure ! Une déclaration de hussard, cela doit être curieux! je n'ai jamais vu cela de ma vie. Voulez-vous que j'appelle ma femme de chambre? Je suppose qu'elle saura vous répondre. Vous me donnerez une représentation.
On entend la sonnette.
LE COMTE
Encore cette sonnerie! Adieu donc, marquise. Je ne vous en tiens pas quitte, au moins.
Il ouvre la porte.
SOIT OUVERTE OU VERBCéE. 77
LA MARQ^UISE.
A ce soir, toujours, n'est-ce pas? Mais qu'est-ce donc que ce bruit que j'entends ?
LECOMTE, regardant à la fenSifit.
. Cest le temps qui vient de changer. Il pleut et il grêle à faire plaisir. On vous apporte un troisième bonnet, et je crains bien qu'il n'y ait un rhume dedans.
LA MARQ^UISE.
Mais ce tapage -là, est-ce que c'est le tonnerre? en plein mois 4e janvier! Et les ^Inuuitfchs!
LE COMTE
Non ; c'est seulement un ouragan, une espèce de trombe qui passe.
Cest e£frayant. Mais fermez donc la porte ; vous ne pouvez pas sortir de ce temps-là. Qu'est-ce qui peut produire une chose pareille?
LE COMTE, fermant la porte.
. Madame, c'est la colère céleste qui châtie les carreaux de vitre, les parapluies, les mollets des dames et les tuyaux de cheminée.
Et mes chevaux qui sont sortis !
LE COMTE. ,
Il n'y a pas dé danger pour eux^s'il ne leur tombe rien sur ta tête.
Plaisantez donc à votre tour ! Je suis très-propre, moi, monsieur ; je n'aime pas à crotter mes chç-