‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 38 sur 221 · ACTE I^ SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I^ SCÈNE II

Puis enfin, plus hardi, pas plus tard qu'à présent^

Du brillant que voici veut me faire présent.

Un diamant, à moi ! la chose est assez claire.

Hors de l'argent comptant, que diantre en puis- je faire ?

Je ne suis pas duchesse, et ne puis le porter.

Ainsi, tout simplement, monsieur veut m'acheter. .

Voyons, me fâcherai-je? — Il n'est pas très-commode

De les heurter de front, ces tyrans à la mode.

Et la prison est là, pour un oui, pour un non.

Quand sur un talon rouge on glisse à Trianon.

Faut-il être sincère et tout dire à madame ?

C'est lui mettre, d'un mot, bien du chagrin dans l'âme.

Troubler une maison, peut-être pour toujours.

Et pour un pur caprice en chasser les amours.

Vaut-il pas mieux agir en personne discrète,

Et garder dans le cœur cette injure secrète?

Oui, c'est le plus prudent. — Ah ! que j'ai de souci !

Ce brillant est gentil... et monseigneur aussi.

Je vais lui renvoyer sa bague à l'instant même.

Ici, dans ce papier. — Ma foi, tant pis s'il m'aime !

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