‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 4 sur 221 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MATHILDE

Non, je voulaiSr.. j'espérais que peut-être...

CHAVIGNY

Vous espériez?.. Qu'est-ce que c^est donc?

MATHILDE

Tu vas au bal ? tu es superbe.

CHAVIGNY

Pas trop ; je ne sais si c'est ma faute ou celle du tailleur, mais je n'ai plus ma tournure du régiment.

Inconstant ! vous ne pensez pas à moi en vous mirant dans cette glace.

CHAVIGNY

Bah! à qui donc? Est-ce que je vais au bal pour danser ? Je vous jure bien que c'est une corvée, et que je m'y traîne sans savoir pourquoi.

MATHILDE

Eh bien! reste::, je vous en supplie. Nous serons seuls, et je vou& dirai ..4

CHAVIGNY

Il me semble que ta pendule avance ; il ne peut pas être si tard .

MATHILDE

On né va pas au bal à cette heure - ci , quoi que puisse dire U pendule. Nous sortons de table il y a un instant.

CHAVIGNY

J'ai dit d'atteler; j'ai une visite à faire.

MATHILDE

Âh! c'est différent. Je... je ne savais pas.,, j'avais cru...

CHAVICNT.

Eh bien ?

MATHIi;,DE.

J'avais supposé... d'après ce que tu disais... Mais la pendule va bien ; il n'est que huit heures. Accordez-moi un petit moment. J'ai une petite surprise à vous faire.

CH A VIGNY, se levant. ^

Vous savez, ma chère, que je vous laisse libre et que vous sortez quand il vous plaît. Vous trouverez juste que ce soit réciproque. Quelle surprise me destinez-vous?

MATHILDE

Rien ! je n'ai pas dit ce mot-là, je crois.

^ CHAVIGNY

Je me trompe donc, j'avais cru l'entendre. Avezvous là ces valses de Strauss? Prêtez - les - moi , si vous n'en faites rien.

MATHILDE

Les voilà ; les voulez- vous maintenant?

CHAVIGNY

Mais, oui, si cela ne vous gêne pas. On me les a demandées pour un ou deux jours. Je ne vous en priverai pas longtemps.

MATHILDE

Est-ce pour madame de Blainville ?

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