SCÈNE II
MATHILDE
Non, je voulaiSr.. j'espérais que peut-être...
CHAVIGNY
Vous espériez?.. Qu'est-ce que c^est donc?
MATHILDE
Tu vas au bal ? tu es superbe.
CHAVIGNY
Pas trop ; je ne sais si c'est ma faute ou celle du tailleur, mais je n'ai plus ma tournure du régiment.
Inconstant ! vous ne pensez pas à moi en vous mirant dans cette glace.
CHAVIGNY
Bah! à qui donc? Est-ce que je vais au bal pour danser ? Je vous jure bien que c'est une corvée, et que je m'y traîne sans savoir pourquoi.
MATHILDE
Eh bien! reste::, je vous en supplie. Nous serons seuls, et je vou& dirai ..4
CHAVIGNY
Il me semble que ta pendule avance ; il ne peut pas être si tard .
MATHILDE
On né va pas au bal à cette heure - ci , quoi que puisse dire U pendule. Nous sortons de table il y a un instant.
CHAVIGNY
J'ai dit d'atteler; j'ai une visite à faire.
MATHILDE
Âh! c'est différent. Je... je ne savais pas.,, j'avais cru...
CHAVICNT.
Eh bien ?
MATHIi;,DE.
J'avais supposé... d'après ce que tu disais... Mais la pendule va bien ; il n'est que huit heures. Accordez-moi un petit moment. J'ai une petite surprise à vous faire.
CH A VIGNY, se levant. ^
Vous savez, ma chère, que je vous laisse libre et que vous sortez quand il vous plaît. Vous trouverez juste que ce soit réciproque. Quelle surprise me destinez-vous?
MATHILDE
Rien ! je n'ai pas dit ce mot-là, je crois.
^ CHAVIGNY
Je me trompe donc, j'avais cru l'entendre. Avezvous là ces valses de Strauss? Prêtez - les - moi , si vous n'en faites rien.
MATHILDE
Les voilà ; les voulez- vous maintenant?
CHAVIGNY
Mais, oui, si cela ne vous gêne pas. On me les a demandées pour un ou deux jours. Je ne vous en priverai pas longtemps.
MATHILDE
Est-ce pour madame de Blainville ?