SCÈNE II
CHATIONT, prenant Us valses.
Plaît-il? Ne parlez -vous pas de madame de Blainville?
MATH1I.DE
Moi ! non. Je n'ai pas parlé d'elle.
CHAVICNY.
Pour cette fois j'ai bien entendu.
// se rassoiU Qu'est-ce que vous dites de madame de Blainville?
MATHILDE
Je pensais que mes valses étaient pour elle.
CHAVIGNT.
Et pourquoi pensiez-vou» cela ?
MATHILDE
Mais parce que... parce qu'elle les aime.
CHAVIGNY
Oui, et moi aussi ; et vous aussi, je crois ? Il y en a une surtout; comment est-ce donc? Je l'ai oubliée... Comment dit-elle donc ?
MATHILDE
Je ne sais pas si je m'en souviendrai.
Elle se met au piano et joue, CHAVIGNT.
C'est cela même ! C'est charmant, divin, et vous la jouez comme un ange, ou, pour mieux dire, comme une vraie valseuse.
Est-ce aussi bien qu'elle, Henri ? #
lO UN CAPRICE.
CHAVIGNT.
Qui, elle ? madame de Btainville ? Vous^ y tenez, à ce qu'il paraît.
MATHIIDE.
Oh ! pas beaucoup. Si j'étais homme, ce n'est pas elle qui me tournerait la tête.
CHAVIGNT.
Et vous auriez raison, madame. II ne faut jamais qu'un homme se laisse tourner la tête, ni par une femme ni par une valse.
MATMIIDE.
Comptez-vous jouer ce soir, mon ami?
CMAVIGNT.
Eh ! ma chère, quelle idée avez-yous ? on joue, mais on ne compte pas jouer.
mathiloe.
Avez-vous de l'or dans vos poches?
CHAVIGNY
Peut-être bien. Est-ce que vous en voulez ?
Moi, grand Dieu ! que voulez-vouâ que j'en fasse ?
CHAVIONr.
Pourquoi pas? Si j'ouvre votre porte trop vite, je n'ouvre pas du moins vos tiroirs, et c'est peutêtre un double tort que j'ai.
mAthilde.
Vous mentez, monsieur î il n'y a pas longtemps que je me suis aperçue que vous les aviez ouverts, et vous me laissez beaucoup trop riche.