‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 41 sur 221 · X.0UI80N · texte numérisé non relu

X.0UI80N

Mais, dans ce monde-ci, je ne sais pas encor

Qu'on se soit avisé de payer un trésor ;

Et ton cœur est sans prix, quand tu serais moins belle.

LISETTE

Mais, monseigneur, pourtant...

LE DUC

Fi ! tu fais la cruelle.

On ouvre la porte du fond.

Deux mots ! — on va souper; les gens ouvrent déjà. — Écoute : nous allons au bal de l'Opéra ; Mais je reviendrai seul, et, grâce à la cohue, A peine entré, je sors et regagne la rue.

Tu seras seule, aussi, mes laquais ne voient rien ; Accorde-moi, de grâce, un mondent d'entretien. Un seul instant, pour moi, Lisette, et pour toi-même. Ce n'est pas un amant, c'est un ami qui t'aime, Songes-y

LISETTE

Liais vraiment...

LE DUC

Je comprends ton souci.

Je voudrais de grand cœur te voir ailleurs qu'ici ; Et, dans quelque retraite aux bavards inconnue. Tu me rendrais bien mieux ma liberté perdue.

Ce i^ttt assurément mon goût ni ma façon De donner au plaisir cet air de trahison.

Mais, dans ^e triste hôtel toujours emprisonnée, Tu n'en saurais sortir sans être soupçonnée.

Chez moi, seuls, en secret, nous trompons tous les yeux. A quatre pas d'ici nous serions odieux.

Page 1