ACTE I, SCÈNE IV. I
On ne sait pas les grains qu'elle amassait chez elle, Ni les bardes qu'elle a, sans compter sa vaisselle. Elle a mis trois quarts d'heure à faire un testament, Et j'hérite de tout universellement.
Ça commence à sourire. Encore une autre histoire : Thomas donc est soldat, embarqué pour la gloire. Moi, j'aurais à sa place épousé Jeanneton ; Mais il ne Ivi faudrait qu'un coup de mousqueton. C'est mon cousin germain; que le ciel le protège! Ce métier-là, toujours, n'est pas blanc comme neige. Vous voyez que je suis un assez bon parti ; Nous pourrions faire un couple un peu bien assorti. Contre la pharmacie avez-vous à reprendre ?
On n'est point obligé d'y goûter pour en vendre. Mon pourparler vous semble un peu risible et sot ; Vous avez Tesprit riche et vous visez de haut. Mais, voyez-vous, le tout est d'être ou de paraître. Vous portez du clinquant, mais c'est à votre maStre. Que l'on vous remercie, il ne vous reste rien ; Moi je n'ai qu'un habit, d'accord, mais c'est le mien. J'ai lu dans les écrits de monsieur de Voltaire Que les mortels entre eux sont égaux sur la terre. Sur ce proverbe-là j'ai beaucoup médité.
Et j'ai vu de mes yeux que c'est la vérité.
Il ne faut mépriser personne dans la vie, Car tout le monde peut mettre à la loterie.
Ce grand homme l'a dit, c'est son opinion, Et c'est pourquoi, jarni ! j'ai de l'ambition.
Je t'écoute, Lucas ; ta rhétorique est forte.
IIO LOUISON.
Cbangeras-tu d'avis?
BERTHAVD.
NoDy le diable m'emporte !
LISETTE
Eh bien ! reste à l'hôtel, et ne t'éloigne pas. Observe monseigneur, et suis bien tous ses pas.
BERTHAUD
Oui.
LISETTE
*Si tu le vois seul, mets-toi sur son passage.
BE'RTHAUD.
Bien !
LISETTE
Dis-lui tes projets pour notre mariage !
BERTHAUD
Bon!
Dis-lui que c'est moi qui le prie instamment D'y prêter sa faveur et son consentement.
BERTHAUD
Mais vous consentez donc ?
LISETTE
Sans doute. — Le temps presse , Va-t'en.
BERTHAUD
Vous consentez ?
LISETTE
On vient, c'est la duchesse.
Dépêche, — hors d'ici !