ACTE II, SCÈNE VIII. l
Par la grand'salle.
Une des femmes parait ; Lisette lui parle bas ; la femme sort par le foui.
Eh bien ?
LISETTE
Madame, me voici.
LA MARéCHALB.
Louispn, c'est grâce à moi que vous êtes ici. Votre père Ht chez nous fermier dans un domaine ; Vos parents sont à moi ; je suis votre marraine. J'ai pris grand soin de vous dès vos plus jeunes ans, Et je vous ai reçue enfant chez mes enfants.
M'aimez-vous?
LISETTE
Dieu merci, plus que je ne puis dire .
LA MARéCHALE.
Votre cœur parle franc?
LISETTE
Aussi vrai qu'il respire. '
LA MARECHALE.
Si, par obéissance ou par nécessité,
Il fallait devant moi celer la vérité,
— La crainte d'un péril ôte celle du blâme, —
S'il vous fallait mentir?
LISETTE
Je me tairais, madame.
LA MARÉCHALE
Mais si vous le deviez ?
LISETTE
Personne ne le doit.
LA MARECHALE.
D'où VOUS vient le brillant que vous avez au doigt?
LISETTE, àpart.
Ah! malheureuse!
LA MARÉCHALE
Eh bien ! vous gardez le silence?
Songez que, me voyant avertie à l'avance, Votre silence parle, et peut en dire assez.
LISETTE
Ce brillant... m'appartient.
D'où vient-il ?
LISETTE
Je ne sais.
LA MARÉCHALE
Prenez garde, Louison!
LISETTE
Madame, il se peut faire Qu'on soit, je le répète, obligée à se taire. Si ma bouche est muette et doit ainsi rester. De mon respect pour vous est-ce donc m'écarter?
LA MARÉCHALE
Lisette peut se taire alors que )e commande, Mais Louison doit parler si je le lui demande.
LISETTE
On m'appelle Lisette.
LA MARÉCHALE
Oui, dans cette maison.
A-t-on changé le cœur aussi bien que le nom ?